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« Alex est au sommet »

Selon Tor Arne Hetland, le skieur de Saint-Ferréol a confirmé son statut de membre de l’élite mondiale

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photo d’Archives, afp Alex Harvey a récolté une médaille d’argent à l’épreuve du sprint individuel lors des championnats du monde de Falun, en Suède, jeudi.

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FALUN | Alex Harvey n’aurait sans doute plus besoin de sa carte d’accréditation pour accéder au site des championnats du monde de Falun.

Les nombreuses félicitations que lui ont adressées les skieurs d’autres pays, durant l’entraînement d’hier, témoignaient de la forte impression qu’il a causée la veille avec sa médaille d’argent du sprint individuel. Le statut de membre de l’élite mondiale lui semble maintenant acquis.

«Il a bien travaillé»

«J’ai reçu plusieurs messages de «fans» norvégiens qui ont salué sa médaille. J’ai aussi reçu des félicitations de gens d’autres pays qui se réjouissaient de voir que le podium, grâce à lui, n’était pas formé entièrement de skieurs scandinaves. J’ai senti une grande marque de respect pour l’équipe du Canada et évidemment pour Alex», affirme Tor Arne Hetland, le nouvel entraîneur de l’équipe canadienne embauché l’été dernier.

Mieux que quiconque, ce Norvégien d’origine peut mesurer l’étendue de cette deuxième position dignement arrachée. Champion olympique en 2002, triple champion du monde et signataire de 35 podiums en Coupe du monde, Hetland savait lui aussi verser dans les fins dramatiques du sprint. De la qualification jusqu’à chacune des trois rondes finales, un aspect du comportement de Harvey l’a particulièrement marqué jeudi: «Son calme.»

Influence sur l’équipe

«Il a été fidèle à sa stratégie toute la journée. Il n’a jamais paniqué même s’il traînait à la fin du groupe au début de chaque course. Il a su bien se positionner pour le sprint. De la façon qu’il a travaillé, je n’ai pas été surpris de voir qu’il pouvait être si fort dans les 100 derniers mètres», a observé Hetland, qui n’hésite pas à loger dorénavant Harvey parmi les meilleurs dans l’art du sprint.

«Il en a fait la preuve. Sa technique et sa puissance sont du même niveau que les meilleurs comme Petter Northug et Kriukov (Nikita). Pas de doute, il est au sommet.»

Les effets euphorisants de la veille s’étaient atténués pour l’athlète de 26 ans, déjà tourné vers la suite de ces mondiaux, avec le skiathlon de 30 km de samedi. L’événement encore récent lui permettait cependant d’en savourer encore le goût.

«Aujourd’hui (hier), je dirais que j’ai pu apprécier un peu plus ce qui est arrivé», dit-il.

Le chef suédois engagé par l’équipe canadienne durant les championnats mondiaux a souligné le coup d’éclat de Harvey, jeudi soir. À leur retour aux deux maisons où logent les skieurs et les farteurs, un riche gâteau les attendait au centre de la table. Cette fête improvisée a permis à Tor Hetland de replonger dans les grandes classiques de son sport.

«Grâce à Alex, j’ai revu des fins de courses que j’ai faites. Comme lui, j’avais une bonne capacité pour atteindre un pic de vitesse à la fin d’une course. Tout le monde dans l’équipe était excité de voir ce que Alex nous a donné. Je sais que c’est quelque chose de «cool» que de se retrouver dans cette situation extrême de tension à la fin d’une course. Tu te sens vivre à plein.»

 

Brèves

En piste pour le skiathlon de 30 km

FALUN | Fraîchement sacré vice-champion du monde, le sprinteur Alex Harvey cède maintenant la place à son autre moitié d’athlète: le spécialiste des longues distances.

La médaille d’argent obtenue jeudi au sprint individuel venait à peine d’être coulée que le Québécois était déjà tourné vers le skiathlon de 30 km d’aujourd’hui. Pour attaquer cette épreuve, partagée entre 15 km de style classique et 15 km en style libre, la journée d’hier prenait presque autant d’importance que celle de la course.

«Il faut que je mange le plus que je peux, surtout m’hydrater avec le plus d’électrolytes parce qu’on va suer beaucoup durant la course. Il va faire chaud et on va perdre beaucoup de sels, alors il faut tout faire pour éviter les crampes», expliquait-il.

«Comme un pro»

Après une sieste d’après-midi, suivie de séances de massage et de jogging en soirée, Harvey réserve un soin jaloux au protocole de récupération, surtout durant une journée coincée entre deux courses.

«Les gens ont beau dire qu’il est doté d’un grand talent, mais il se comporte aussi comme un professionnel. Il suit à la lettre tous les protocoles. Il n’a pas le choix. Les meilleurs au monde le font», affirme son entraîneur depuis 10 ans, Louis Bouchard.