/opinion/columnists
Navigation

Société distincte...

Harper
Photo Reuters

Coup d'oeil sur cet article

Une société qui permet que l’on détruise une merveille de la biodiversité comme le mont Saint-Hilaire restera probablement indifférente à la pollution massive de la Gaspésie. La passivité est pour ainsi dire dans l’air du temps...

Les Québécois sont pourtant remplis d’orgueil à l’idée d’avoir une sensibilité plus grande envers l’environnement que les autres Canadiens; ils ont de quoi faire preuve d’humilité en constatant que leurs élus et leurs institutions se soumettent parfois à la dure réalité économique. La société distincte n’est pas toujours à la hauteur de ses prétentions.

On se dit sans doute que les Québécois sont naturellement autorisés à polluer le Québec. Si c’étaient des Albertains, ce serait autre chose, on pourrait les blâmer. Dans le cas de la Gaspésie et de la polluante cimenterie qu’on y construit, que peut-on dire à d’insignes Québécois qui portent le glorieux nom de Bombardier? Rien, ou presque.

Il n’y aura donc pas d’audiences publiques préalables à ce projet, et les règles utiles seront amendées. Même si faire du ciment dans la péninsule entraînera une hausse d’au moins 2 % des gaz à effet de serre, prévient l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique. Kyoto, Copenhague, ça sert à nuire à Stephen Harper et donner de l’envergure à Steven Guilbault.

«Purement économique»

Plus terre à terre que son vignoble, le ministre du Développement économique, Jacques Daoust, a résumé la situation ainsi: «Ce n’est pas un dossier d’environnement, c’est un dossier purement économique.»

Comme le PQ danse un slow avec le gouvernement dans cette sale histoire, c’est Québec solidaire qui combattra le projet de loi visant à mettre les promoteurs de la cimenterie à l’abri des poursuites et des exigences environnementales modernes. La CAQ sera de la partie, surtout parce que le PQ est pris au piège de ses engagements précédents.

Ainsi donc, les Québécois continueront à dépenser des fortunes pour réduire les GES tout en soutenant le projet le plus polluant des dernières années. Les Américains, pas très regardants sur le réchauffement climatique, n’en ont même pas voulu. C’est peu dire des polluants qui embrumeront la Gaspésie un jour.

Souvenirs de la FTQ

Sur ce sujet, j’ai le souvenir très net d’une séquence inoubliable de la commission Charbonneau: Michel Arsenault, ex-président de la FTQ, jasait au téléphone avec son conseiller politique, Gilles Audet. Ils parlaient de choses et d’autres sans savoir que la Sûreté du Québec était à l’écoute. C’était il y a un an, presque jour pour jour.

Gilles Audet racontait que le projet d’une cimenterie en Gaspésie nuirait à celles où travaillent les Métallos, affiliés à la FTQ. Il devait d’abord prendre forme sur les bords de la rivière Hudson, dans l’État de New York, pour fournir en ciment le nord-est des États-Unis. Mais certains des habitants de cette région sont riches et pourvus de relations politiques non négligeables; ils ont maugréé dans les bonnes oreilles, et le projet est mort-né.

Voilà pourquoi, des années plus tard, ce projet de cimenterie se retrouve en Gaspésie, où le chômage oblige le gouvernement à se boucher le nez devant l’indéniable pollution à venir.

 


Les gagnants et les perdants de la semaine parlementaire

 

Harper
Photo d'archives

Alexandre Cloutier

En recrutant le vieux sage qu’est le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron, Alexandre Cloutier se démarque de ses adversaires à la course au leadership du PQ. Pierre Karl Péladeau a répliqué avec Nicolas Marceau, meilleur au hockey qu’il le fut aux Finances.

 

Harper
Photo d'archives

Yves Bolduc

Il en fait pitié, le pauvre homme, chaque jour plus grisonnant, tellement qu’il n’osera bientôt plus ouvrir la bouche pour dire bonjour: Yves Bolduc, ministre de l’Éducation, est parvenu à faire le tour du monde en 24 heures avec une déclaration maladroite sur la fouille à nu d’une élève. Ça s’est rendu au Japon, en Turquie, en Indonésie...

 

Harper
Photo d'archives

Manon Massé

Seule véritable voix de la contestation du projet de cimenterie en Gaspésie, la députée solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, a signalé l’extraordinaire souplesse des convictions environnementales des libéraux et des péquistes, unis dans cette sale histoire, pour le meilleur et pour le pire.

 

Harper
Photo d'archives

Bernard Drainville

Ses questions sur une hypothétique privatisation d’Hydro-Québec font presque rire parce qu’elles ne sont soutenues que par des suppositions auxquelles on peine à croire. Machine à sous du gouvernement, Hydro-Québec ne pourra jamais être privatisée à la sauvette. Si c’était vrai, ça se saurait...

 


Citation de la semaine

«Si on continue comme ça, on va perdre le Nord» —Jacques Daoust, ministre du Développement économique​

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.