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La faute aux technologies

Le père de la réforme de l’éducation préoccupé par la qualité du français des jeunes

Paul Gérin-Lajoie, ancien ministre de l'éducation
Photo Le Journal de Montréal, Isabelle Maher Ardent défenseur de l’éducation et de la langue, le tout premier ministre de l’Éducation au Québec, Paul Gérin-Lajoie ne cache pas ses préoccupations face à la qualité du français des jeunes. «Les jeunes écrivent au son», observe-t-il.

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La piètre qualité du français des jeunes qui font leur entrée au cégep serait attribuable à l’utilisation massive des textos et du clavardage, estime le tout premier ministre de l’éducation du Québec, Paul Gérin Lajoie.

«Les jeunes écrivent au son», résume Paul Gérin Lajoie.

Le créateur de la dictée PLG et de la fondation du même nom insiste sur la grande importance qu’il faut accorder à la langue française.

«Avec l’utilisation d’internet, les jeunes emploient des raccourcis pour écrire», observe-t-il.

Pour celui qui symbolise la grande réforme de l’éducation de la Révolution tranquille, la mauvaise qualité du français des jeunes n’est ni attribuable au système d’éducation ni aux minis­tres qui se sont succédé.

C’est l’immense popularité des textos et du clavardage qui expliquerait en partie la hausse de 50% du nombre de cégépiens inscrits à un cours de mise à niveau pour combler leurs lacunes en français. Cette information rapportée par Le Journal mérite tout de même que l’on s’y attarde, pense M. Gérin-Lajoie.

Laisser du temps au ministre

À l’aube de ses 95 ans (demain), celui qui a été le premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec, en 1964, croit que le gouvernement actuel devrait consacrer une plus grande place à l’éducation et y investir encore plus d’argent.

«Malheureusement, la société québécoise n’accorde pas à l’éducation la priorité qu’on lui accordait dans les années 1960. Aujourd’hui, on s’occupe plus de santé», croit-il.

Au moment où plusieurs réclament la tête de l’actuel ministre de l’Éducation Yves Bolduc, Paul Gérin-Lajoie plaide plutôt pour qu’on lui laisse le temps de faire son travail.

«Je ne veux pas juger l’homme, on a la critique facile», lance-t-il.

«Le ministre en poste doit être là assez longtemps pour s’approprier l’éducation et faire son apprentissage sur le tas», plaide-t-il.

Ministre pendant six ans dans le gouvernement Lesage, Paul Gérin-Lajoie s’est d’abord vu confier la jeunesse, puis l’éducation.

«Un bon ministre de l’éducation doit être bien entouré et avoir une sensibilité pour toutes les questions touchant l’éducation.»

Ne touchez pas aux commissions scolaires

Prudent, Paul Gérin-Lajoie se garde bien de critiquer le travail de tous ses successeurs.

Il affirme parfois échanger avec le ministre Bolduc, mais ne pas avoir de conseils à lui donner.

«Si j’ai quelque chose à lui dire, je vais le faire directement», ajoute-t-il.

Les déclarations maladroites du ministre sur les livres dans les bibliothèques scolaires et, plus récemment, les fouilles à nu dans les écoles, ne semblent pas ébranler sa confiance.

«Il pourrait être mieux entouré», s’est contenté de répondre l’ex-politicien.

Paul Gérin-Lajoie est de ceux qui s’opposent farouchement à l’abolition et même à la réduction du nombre de commissions scolaires.

«C’est le lien entre les acteurs de l’éducation. Les parents, les enseignants et le gouvernement. Si vous abolissez les commissions scolaires, vous rendez orphelins ces différents acteurs», juge-t-il.

Visiblement fier de ses réalisations, l’homme ne doute pas de ses opinions.

À la délicate question: qui a été le meilleur ministre de l’Éducation que le Québec ait connu? Paul Gérin-Lajoie répond sans hésiter.

«C’est moi!»


Popularité de la dictée PGL en baisse 

Le nombre d’écoles primaires qui participent à la dictée PGL a connu une baisse de près 20 % depuis un an. 
 
Est-ce un effet de la crise qui a secoué la Fondation Paul Gérin-Lajoie (FPGL) en avril dernier?
 
«J’espère que non», répond le fils du fondateur, François Gérin-Lajoie. 
 
«Nous avons fait tout ce qu’il fallait pour régler cette crise et maintenant ça va mieux», assure-t-il. 
 
Ébranlé par des allégations de dépassement de frais de voyage et de dépenses injustifiées, le président de la FPGL, François Gérin-Lajoie, avait dû à l’époque défendre sa réputation.
 
Trois membres du CA avaient démissionné et la directrice de la Fondation avait été congédiée.
 
Percée dans les écoles secondaires
 
En une année, le nombre d’écoles primaires participant à la dictée PGL est passé de 797 à 639, soit 158 écoles de moins qu’en 2013-2014. 
 
«Pour contourner cette baisse, nous avons décidé d’ouvrir davantage notre dictée aux écoles secondaires», ajoute le président. 
 
Depuis cette année, les écoles secondaires peuvent donc avoir accès à la finale nationale, ce qui a permis de voir leur nom­bre passer de 81 à 95.  
 
Les dons recueillis par la dictée PGL, créée en 1991, financent en partie les activités de la Fondation.
 
La Fondation Paul Gérin-Lajoie est née en 1977 et soutient des projets éducatifs dans quatre pays d’Afrique et en Haïti. 
 
Elle recueille environ 1 million $ par année.