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La guerre aux entrepreneurs

La guerre aux entrepreneurs
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Quand on lit la stupéfiante série de Sarah-Maude Lefebvre sur les bureaucrates en folie qui ne cessent de mettre des bâtons dans les roues des entrepreneurs, on se demande pourquoi il y a encore des fous qui se lancent en affaires.

Vous êtes masochistes, les amis?

Vous aimez ça, passer vos journées à remplir de la paperasse et à vous obstiner avec des inspecteurs zélés qui refusent vos demandes parce que vous avez utilisé un stylo à l’encre noire et non à l’encre bleue?

La machine

Si j’étais vous, je sacrerais tout ça là et je deviendrais fonctionnaire.

Des journées de 9 à 5. Une job pépère, tranquille. Un café à 10, une cigarette à 10 et quart. Et un régime de retraite en béton.

Tant qu’à remplir des papiers et lire des règlements obscurs, aussi bien en faire une carrière, non?

De toute façon, le Québec déteste les entrepreneurs qui misent leur chemise pour créer de l’emploi.

Ce qu’on aime, c’est la machine, le système. Des bureaux avec des cubicules, des extensions téléphoniques, des organigrammes psychédéliques.

Un pupitre propre et bien rangé avec une agrafeuse, un bâton de colle et un humecteur pour coller des timbres.

Le vice-président adjoint du bureau régio­nal de l’ouest, le directeur général de la planification et des services intégrés, le gestionnaire des services aux opérations, le responsable de la réforme de classification, le secrétaire du groupe des programmes de perfectionnement connexes et ainsi de suite jusqu’à ce que mort s’ensuive...

Ça, on aime ça! Une armée de fourmis obéissantes qui tournent en rond dans le même sens.

Pas des entrepreneurs qui n’en font qu’à leur tête et sont libres de leurs allées et venues!

Copies conformes

Moi, ceux qui me fascinent, ce sont les inspecteurs.

Ceux qui débarquent avec leurs règles et leurs compas pour savoir si les pots de fleurs que vous avez installés sur la terrasse de votre resto respectent la hauteur réglementaire.

«Hmmm, ils sont trop hauts d’un quart de pouce! On vous donne une semaine pour vous conformer...»

Ça, c’est le mot clé: conformer.

«Dont la forme est semblable à celle d’un autre objet considéré comme modèle, comme point de référence. Qui correspond à la norme, à la règle générale, à l’idéal social dominant.» (Larousse)

«Se calquer sur un modèle, respecter une règle, s’aligner.» (Dictionnaire de la langue française)

Tout le monde sur la même ligne, rien qui dépasse.

Or, l’entrepreneurship, c’est l’exact contraire de ça. Ce n’est pas «calquer», c’est créer, inventer.

Sortir des sentiers battus, apporter des solutions inédites.

On ne peut imaginer deux univers plus opposés que ceux de la bureaucratie et du monde des affaires.

C’est comme si on demandait à un aveugle d’être critique d’art!

Avoir su...

Oui, c’est important d’avoir des règles.

Mais à condition que ces règles agissent comme cadres. Or, au Québec, ces règles n’encadrent pas, elles étranglent, elles étouffent.

Elles découragent toute initiative, toute prise de risque.

Le tiers des propriétaires de PME affirment qu’ils ne se seraient peut-être pas lancés en affaires s’ils avaient été au courant du fardeau administratif qui les attendait. Ça ne vous inquiète pas, ça?

 

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