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Nouvelles technologies, vieilles lois

Transportation app Uber is seen on a mobile phone in a limousine in Beverly Hills
Photo Archives / Reuters

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Disons que vous vendez de la limonade.

Disons que vous vendez de la limonade.

Vous devez acheter un permis de la Ville, louer une table, faire inspecter votre produit, respecter une série de lois et de règlements, etc.

Pendant ce temps, votre voisin d’en face, qui vend aussi de la limonade, bénéficie d’un passe-droit qui lui permet d’échapper à toute réglementation.

Vous diriez que c’est de la concurrence déloyale, non ?

C’est exactement ce qui se passe dans l’industrie du taxi.

Stopper le courant

Un permis de taxi coûte les yeux de la tête.

Sur kijiji, vous pouvez acheter un permis de taxi pour Longueuil et Brossard pour 150 000 $.

Pour conduire un taxi, vous devez obtenir un permis spécial (classe 4C), participer à un tirage si vous voulez desservir l’aéroport, etc.

Alors que si vous êtes chauffeur pour UberX, vous n’avez pas besoin de respecter ces réglementations.

Vous utilisez votre auto personnelle, et bingo ! vous pouvez gagner votre vie en transportant des clients d’un point à l’autre de la ville.

Pas étonnant que les chauffeurs de taxi soient en colère !

D’autant plus que le premier ministre lui-même semble dire qu’il ne peut rien faire...

« C’est comme si vous me demandiez d’aller au milieu du fleuve et de stopper le courant », a-t-il dit.

Le monde de la télédiffusion est confronté à un problème similaire avec Netflix. Alors que les entreprises de télédiffusion canadiennes doivent respecter une série de règlements, dont le fameux quota sur le contenu canadien, l’entreprise américaine (qui diffuse maintenant du contenu original) n’est pas assujettie au CRTC et n’est pas obligée de verser le moindre sou à l’État canadien.

C’est comme s’il y avait une course, et qu’on permettait à certains participants de prendre des stéroïdes !

Des réglementations caduques

Le premier ministre Couillard a raison : on ne peut rien faire contre les nouvelles technologies.

On ne peut pas « désinventer » Netflix ou UberX, tout comme on ne peut pas « désinventer » Internet.

Les technologies existent et il faut faire avec.

Mais pourquoi maintenir tout un système de réglementations s’il ne sert plus à rien, sauf à désavantager certaines entreprises ?

Ou tout le monde doit s’arrêter au feu rouge, ou personne n’est obligé de le faire.

On ne peut pas avoir une réglementation asymétrique : Louis doit avoir un permis pour faire du taxi, mais pas Johnny.

Louise doit respecter le CRTC, mais pas Lise.

Ça ne tient pas debout...

C’est comme les interdits de publication lors des méga procès.

Les médias canadiens ne peuvent rendre publiques certaines informations sensibles, mais vous n’avez qu’à consulter les médias étrangers pour les avoir. À quoi servent ces interdictions à deux vitesses ?

Ça avait du sens avant, plus maintenant.

Arrivons en 2015!

Les nouvelles technologies se développent à une vitesse folle, exponentielle.

Le monde dans lequel grandiront vos petits-enfants n’aura rien à voir avec celui dans lequel vous avez grandi.

Mais nous continuons d’imposer des règles révolues datant de l’époque où il fallait consulter des microfilms à la Bibliothèque Nationale pour retrouver un texte publié quatre semaines plus tôt !

Ou on modernise les lois règlementant certaines industries, comme celles du taxi et de la télédiffusion. Ou on les fait sauter !

 
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