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Une opération inévitable pour Alex Harvey

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Photo d'archives, AFP Derrière sa médaille de bronze de samedi, Alex Harvey (à droite) garde le souvenir de la souffrance pour justifier une double opération dès la fin de la saison.

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FALUN | La torture subie avant son podium de samedi a rappelé l’inévitable à Alex Harvey: la suite d’une carrière florissante l’obligera à faire un détour sur une table d’opération le mois prochain.

FALUN | La torture subie avant son podium de samedi a rappelé l’inévitable à Alex Harvey: la suite d’une carrière florissante l’obligera à faire un détour sur une table d’opération le mois prochain.

La date du 20 mars est déjà encerclée pour la première des deux opérations qu’il devra subir afin de résoudre ses problèmes de circulation sanguine aux artères iliaques. Une dizaine de jours plus tard, selon le niveau de réussite de la première intervention, le skieur se soumettra à la même démarche pour la deuxième jambe.

«Il aurait toujours le choix de ne pas se faire opérer, mais s’il veut réussir le maximum de performance dans les courses avec des montées abruptes, non, il n’a pas vraiment le choix», tranche sa mère, Mireille Belzile, qui agit comme médecin de l’équipe canadienne de ski de fond et qui assiste aux championnats mondiaux à Falun.

Une reprise de 2008

Harvey doit maintenant répéter en double une opération qu’il avait subie avec succès à la jambe gauche au printemps de 2008. Ce type de chirurgie vasculaire majeure, d’une durée de trois heures, consiste à dégager l’artère iliaque et lui redonner sa pleine efficacité d’irrigation.

«C’est le résultat des millions de flexions que ses hanches ont subies durant sa carrière. L’artère se défend en épaississant», explique la médecin.

Le débit sanguin diminué vers les jambes, en raison de la fibrose formée par les compressions répétées de la hanche, provoque le niveau de douleur le plus aigu lors des montées abruptes et particulièrement en style patin. Comme dans l’épreuve de samedi dernier, dans laquelle le Québécois a dû se taper trois fois la montée redoutée de la Morderbakken.

«Je commençais à être dans les vapes vers la fin», a admis Harvey, quelques minutes après avoir obtenu sa médaille de bronze de ce skiathlon de 30 km.

«Un scénario de course comme samedi, c’était limite. Si j’avais dû faire trois secondes de plus de poussée dans la montée ou si mes skis avaient été juste 5 % moins rapides, je n’aurais jamais pu revenir sur les autres», analysait l’athlète de 26 ans, qui a profité hier d’une journée de repos.

Trois ans avant les JO

Ce printemps 2015 offre la meilleure fenêtre pour se prêter à cette intervention majeure. Avec le délai prescrit de trois mois sans entraînement avec intensité, Harvey devra donc s’ajuster à un programme modifié de sa préparation présaison.

«Il n’y aura ni championnat du monde ni Jeux olympiques l’hiver prochain. L’occasion est la meilleure cette année. On a conclu aussi qu’en trois ans, il y a plus de chance que ça tienne jusqu’aux Jeux olympiques», explique la mère.

 
 

Brèves

Skier sans souffrir

FALUN | «J’ai hâte de régler ce problème.»

Alex Harvey avait retrouvé ses couleurs, hier, au lendemain du succès authentique de sa médaille de bronze au skiathlon de 30 km des championnats du monde. Le souvenir du mal que lui ont infligé ses problèmes d’irrigation sanguine aux jambes lui a cependant rappelé la pertinence d’y voir une fois pour toutes à la fin de la saison.

Des opérations visant à dégager ses artères iliaques sont devenues inévitables, reconnaît-il. L’exemple de samedi le lui a rappelé. Dans la montée abrupte appelée Morderbakken, qu’il a gravie trois fois, la souffrance qu’il y a laissée avec trois kilomètres à jouer l’a convaincu.

«Tu appréhendes le dernier kilomètre et demi à venir ensuite et tu sais que ça va être la souffrance ultime. C’était presque épeurant. Je me disais: il faut que je me prépare à souffrir», racontait l’athlète de 26 ans après la course.

«Quand Dario Cologna attaque dans une montée, comme il l’a fait samedi, l’instinct naturel m’amène à embarquer dans ses skis. Mais là, dans ce genre de circonstances, je dois me battre contre cet instinct naturel. Et ce n’est pas dans ma nature, disons.»

Coupe du monde

Ce problème se veut criant uniquement en style patin, ce qui l’a obligé à se désister de l’ascension de l’Alpe Cermis, l’éprouvante dernière étape du Tour de ski, en janvier 2014. En y renonçant, alors qu’il occupait pourtant le quatrième rang au général, Harvey avait du coup saboté un classement honorable à ce Tour et dit adieu aux points qui viennent avec.

«Si je veux batailler éventuellement pour le classement général de la Coupe du monde, il faudra que je finisse le Tour de ski», projette-t-il.