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Au tour de Terrebonne d’interdire une mosquée

Le local du parc industriel sert pourtant aux prières et activités de la communauté musulmane depuis 2010

Mosquée clandestine Terrebonne
Photo Michel Morin Rencontré à l'intérieur du local du parc industriel, Karim Sibous, porte-parole d'Estime Rive-Nord et gestionnaire de la mosquée, fournit ses explications en montrant des documents.

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Les responsables de l’implantation d’une mosquée à Terrebonne ont menti à la Ville deux fois plutôt qu’une depuis quatre ans afin de s’implanter dans le parc industriel, selon des documents consultés par notre Bureau d’enquête.

TERREBONNE | Après le changement de zonage pour interdire une mosquée dans Hochelaga-Maisonneuve, puis le refus de Shawinigan de permettre à une mosquée de s’installer dans le parc industriel, voici qu’une troisième mosquée fait l’objet de procédures judiciaires qui visent à la forcer à abandonner son local, cette fois à Terrebonne.

Terrebonne a mandaté ses avocats pour forcer l’évacuation de ce local situé dans une zone industrielle de la ville, rue Pascal-Gagnon, via une injonction, vendredi dernier.

Les musulmans qui fréquentent le local ne la trouvent pas drôle. «Nous n’avons jamais fait l’objet d’une seule plainte de nos voisins et nous avons ajouté des extincteurs et des détecteurs de fumée sous la recommandation de la direction pour la protection contre les incendies», plaide Karim Sibous, porte-parole de Estime Rive-Nord et gestionnaire de cette mosquée.

Les hésitations et le cafouillage de Terrebonne dans ce dossier semblent lui donner raison de s’interroger.

Cette affaire remonte à décembre 2010. La mosquée s’est alors installée sans prévenir la Ville dans un local de plus de 2800 pi2 répartis sur deux étages dans le parc industriel.

Encore deux ans

► Ce n’est que deux ans plus tard, en octobre 2012, que la Ville a reconnu son erreur d’avoir permis l’implantation d’une mosquée dans son parc industriel. L’inspecteur à l’origine de la bévue a ensuite ordonné à la mosquée de quitter les lieux dans les 90 jours, mais en vain.

► Le 17 juin 2013, le comité exécutif de la Ville a refusé de changer l’usage pour une occupation des lieux à des fins religieuses.

► Le 26 janvier dernier, la Ville a émis un avis de non-conformité et l’obligation de quitter les lieux «dans les plus brefs délais».

Le refus de changer le zonage et les deux avis de non-conformité ont jusqu’ici été ignorés par la direction de la mosquée sans autre sanction des autorités municipales.

► Ce n’est que jeudi dernier que la Ville a demandé à la firme d’avocats Deveau de faire cesser un usage non conforme, à savoir un lieu de culte dans une zone industrielle.

La mosquée espère toujours

Aujourd’hui, la mosquée est fréquentée, principalement le vendredi soir et les week-ends. Une trentaine de personnes s’y étaient d’ailleurs donné rendez-vous pour la dernière prière et des activités culturelles, vendredi dernier.

Samedi, la direction de l’association musulmane a refusé, après consultation auprès de ses membres, de nous faire parvenir, comme entendu, l’ensemble du dossier écrit qui a permis à la mosquée d’occuper les lieux depuis cinq ans malgré les règlements de la Ville.

Dans un courriel qu’il nous a fait parvenir samedi, Karim Sibous écrit: «Nous avons la ferme conviction que nous cheminerons dans la totale confiance avec les instances de notre ville pour trouver une solution à notre problème.»

► Le maire Jean-Marc Robitaille a refu­sé toute entrevue à notre Bureau d’enquête.

 

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