/news/consumer
Navigation

Il empoche près de 200 000$ en louant sa résidence

Dany Papineau a transformé en entreprise la location de son logement du Plateau sur le site Airbnb. Il partage son savoir-faire sur son site airbnbSecrets.com.
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Dany Papineau a transformé en entreprise la location de son logement du Plateau sur le site Airbnb. Il partage son savoir-faire sur son site airbnbSecrets.com.

Coup d'oeil sur cet article

NEW YORK | Pour le Montréalais Dany Papineau, la location de propriétés sur le site Airbnb est devenue un véritable «business» et l’a même aidé à se sortir de la faillite.

Il y a deux ans, Dany Papineau était au bord du gouffre financier.

Après avoir investi toutes ses économies dans la production d’un film, l’acteur et réalisateur montréalais a dû mettre sa maison en vente pour éviter la faillite. Son agent immobilier lui a alors conseillé d’afficher sa propriété sur le site Airbnb en attendant de trouver un acheteur.

Son logement du Plateau-Mont-Royal est devenu si populaire qu’il vit maintenant en grande partie des revenus générés par la location. En deux ans, il a accueilli 1500 voyageurs et empoché près de 200 000 $. Il dit déclarer tous ses revenus au gouvernement. Il a depuis acheté un chalet dans l’Estrie et un second duplex à Montréal. Il a donc quatre propriétés affichées sur le site.

«Le revenu d’Airbnb paie pour mes voyages et mes projets», dit l’acteur de 40 ans que l’on peut voir dans les publicités de Lotto Max et de Subway.

Secrets

Dany Papineau souhaite maintenant partager les recettes de son succès à travers son nouveau site, airbnbSecrets.com. Il donne un cours de 10 heures dans lequel il dévoile tous ses trucs pour un peu moins de 300 $.

«J’enseigne aux hôtes à monnayer leur propriété à son potentiel maximal. Je pense que ça peut réellement changer la vie des gens.»

Il leur apprend aussi à repérer les mauvais clients. Il a lui-même eu son lot de mauvaises expériences au départ.

«Quelqu’un m’a menti et a organisé un gros party dans mon appartement pendant trois jours, la police est venue, il y avait pour 4000 $ de dommages. L’assurance d’Airbnb a fini par rembourser tous les frais», dit-il.

M.Papineau se voit en quelque sorte comme un «évangéliste» de ce site lancé à San Francisco en 2008 qui permet à des particuliers de louer leurs chambres, leur logement ou leur maison.

Un des dirigeants d’Airbnb, Chip Conley approuve l’initiative de Dany Papineau. Il a partagé sur Twitter le lien de son site internet avec le message suivant: «J’ai adoré cette courte vidéo sur comment Airbnb a changé la vie de Dany.» M. Papineau est bien conscient qu’en attendant que le Québec modifie la loi sur l’hébergement, il se trouve dans une situation précaire.

«Beaucoup d’hôtes comme moi sont dans une situation illégale, mais je crois que d’ici l’été le service devrait se légaliser.»

airbnbsecrets.com


Plusieurs villes légifèrent sur les services d’Airbnb

Face au tollé soulevé par les hôteliers, Airbnb prélève maintenant des taxes locales sur les voyageurs dans plusieurs villes comme San Francisco, Washington, Chicago, San Jose et Amsterdam.

Au Québec, on devrait connaître ce printemps le nouveau modèle d’affaires que proposera le gouvernement pour légiférer sur des services comme Airbnb. Dans la Belle Province, la loi exige d’obtenir une attestation de classification touristique pour toute location en deçà de 31 jours. Ce règlement est peu respecté. «Quelqu’un qui loue son appartement à l’année sur Airbnb est hors la loi, mais quelqu’un qui fait ça occasionnellement non. Il y a une zone grise par rapport à ce que signifie “occasionnellement”», dit Ève Paré, de l’Association des hôtels du Grand Montréal.

«Au niveau de la concurrence face aux hôtels, il y a un inconfort, les hôtes d’Airbnb ne perçoivent pas la taxe sur l’hébergement, ils ne jouent pas selon les mêmes règles», dit-elle.

Dur pour les régions

Selon Alain Girard, président du conseil d'admistration de l'Association Hôtellerie Québec​, Airbnb nuit surtout aux hôteliers de région. «Les gens ont de petits hôtels qui sont soumis à 70 lois et règlements, et, à côté, le voisin fait de l’hébergement illégal. Le gouvernement doit adapter la loi.»

Québec choisira peut-être de suivre l’exemple de San Francisco, où, depuis l’automne dernier, Airbnb impose une taxe de 14% aux visiteurs louant à un hôte. Depuis le 1er février, le gouvernement impose aussi une limite de 90 jours par année aux hôtes qui souhaitent louer leur appartement ou leur maison en entier. Il n’y a pas de limite pour ceux qui louent une chambre dans leur appartement.

Les propriétaires doivent s’inscrire auprès de la Ville, payer des frais de 50 $ et prouver qu’ils sont des résidents permanents. Les hôtes ne peuvent pas louer plus d’une propriété à la fois.

Airbnb compte 17 millions d’utilisateurs dans 34 000 villes et 190 pays.