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6 M$ pour se relever de l’inondation

Innondation MTQ
Photo d’archives Les salles informatiques du MTQ quelques jours après le sinistre, lors de notre visite.

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QUÉBEC | Le ministère des Transports a octroyé pour plus de 6 millions de dollars de contrats sans appel d’offres et en situation d’urgence afin de se relever de l’embarras­sante inondation de ses salles informatiques à l’automne.

Le ministère entreposait étrangement ses systèmes informatiques dans le troisième sous-sol de l’hôtel Delta, au centre-ville de Québec. Même le ministère savait qu’il devait sortir de là.

Mais ce qui risquait d’arriver s’est produit: le 22 septembre, la plomberie a cédé et, en quelques minutes, les salles de serveurs s’étaient transformées en aquarium.

 

Éric Caire, Député CAQ
Éric Caire, Député CAQ

« Erreur de débutant »

De quoi faire rager le porte-parole de la CAQ sur les dossiers informatiques, Éric Caire, qui juge que les contribuables paient pour des gaffes du ministère.

«Beaucoup d’erreurs ont été commises. Le ministère n’a pas tout dit, car les conséquences sont plus importantes que ce que l’on pensait», cingle le caquiste.

«Au départ, c’est une erreur de débutant. Une salle de serveur dans un troisième sous-sol, c’est vulnérable. C’est la base. Tu ne fais pas ça. Tu dois t’arranger pour que ta salle des serveurs puisse résister à des imprévus raisonnables», reproche-t-il. Et la remise en service a été beaucoup trop longue.»

Les contrats informatiques (serveurs, équipements de sauvegarde, soutien technique) totalisent 6,15 M$.

Il s’agit de dépenses que le ministère aurait tout de même effectuées, mais plus tard, nous a expliqué la porte-parole.

Pourtant, l’un des contrats vise la «reconstruction du site internet du ministère» qui a planté après l’inondation, ce qui ne s’apparente pas à une dépense devancée.

«Le ministère s’est assuré que les achats effectués [...] se sont faits au prix du marché, les fournisseurs devant en faire la preuve», selon le MTQ.

Poursuite ?

Ces montants n’incluent pas les frais de déménagement, l’expertise après-sinistre et les coûts d’impact du ralentissement de certains services en ligne.

Le ministère refuse de nous dévoiler le montant de ces coûts, «afin de ne pas nuire aux démarches en cours», ce qui confirme que le ministère se prépare à poursuivre pour se faire rembourser.

Le ministère savait qu’il était risqué d’entreposer ses systèmes dans un vieux sous-sol d’hôtel. «Ça commençait à être désuet. Il fallait sortir», nous avait raconté le directeur informatique du ministère. Le déménagement avait même commencé avant l’inondation.

Le plan de relève, qui devait prendre quelques heures, a duré des semaines. Un plan «à revoir», selon l’aveu du ministère.