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Blais a les maisons de désintoxication à l'oeil

Le ministre de la Solidarité sociale François Blais
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUÉBEC Le ministre de la Solidarité sociale François Blais

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Alors que les maisons pour toxicomanes se plaignent des coupes à la sécurité du revenu, le ministre de la Solidarité sociale François Blais leur reproche de surfacturer les bénéficiaires de l'aide sociale et d'abuser des fonds publics.

«La situation est difficilement défendable (...) Il y a une pratique de surfacturation du service. Plusieurs maisons facturent davantage et parfois deux fois plus les bénéficiaires de l'aide sociale que les chômeurs», a dénoncé François Blais mercredi à sa sortie du conseil des ministres.

Le ministre réagissait à la primeur du bureau parlementaire révélant que les centres offrant des cures et des thérapies pour alcooliques, toxicomanes et adeptes du jeu compulsif facturent systématiquement plus cher leurs clients bénéficiaires de l'aide sociale que leurs autres pensionnaires, qu'ils soient travailleurs ou chômeurs.

«Nous finançons déjà ces maisons-là. On a une entente avec eux», a exposé M. Blais. Cette entente consiste à verser directement aux maisons pour toxicomanes la «prestation spéciale» de 1 500 $ par mois pour payer le service aux bénéficiaires de l'aide sociale. «On concidère payer l'entièreté du service», a-t-il précisé.

Là où les maisons surfacturent, selon le ministre Blais, c'est lorsqu'elles puisent dans les poches des bénéficiaires l'argent qui leur est versé pour conserver leur loyer. «L'essentiel pour nous c'est de protéger le montant d'argent si les bénéficiaires ont besoin de conserver leur logement.

«En certains endroits, ils ne peuvent même pas conserver leur logement en raison de la surfacturation (...) Ce sont les contribuables qui paient. J'ai de la difficulté à comprendre cette situation-là.»

Le mois dernier, François Blais a annoncé un train de mesures visant à économiser une quinzaine de millions par année en resserrant certaines règles d'accès à l'aide sociale, notamment à l'intention des prestataires envoyés en cure de désintoxication. La prestation de base sera scindée en deux, 200 $ pour les dépenses personnelles plus un montant pouvant atteindre 416 $ pour le loyer. Ce montant deviendra intouchable pour les maisons de désintoxication.

Plus tôt en journée, un porte-parole du réseau des maisons de désintoxication est venu demander au gouvernement de reculer. «On a visé les alcooliques et les toxicomanes. Les coupures vont augmenter les coûts de façon exponentielle dans d'autres ministères (Santé, Justice et Sécurité publique)», a prévenu Vincent Marcoux, directeur général de l'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance.