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Elle lâche les antidépresseurs et perd 95 livres!

Elle lâche les antidépresseurs et perd 95 livres!

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Caroline Desrosiers a pris sa vie en main, il y a cinq ans. Elle a troqué les antidépresseurs pour la course, perdu 100 livres (ou presque) et maintient son poids depuis quatre ans. La bougie d’allumage de son virage: un message lancé par son frère peu de temps avant sa mort.

La Baie-Comoise de 37 ans, mère de deux fillettes de sept et huit ans, est devenue une véritable source d’inspiration à plus d’une personne au fil des dernières années et ce statut de modèle à suivre, elle le mérite amplement.

En janvier 2010, elle faisait osciller le pèse-personne à 245 livres du haut de ses 5 pieds et 3 pouces. Un an et demi plus tard, elle avait 95 livres de moins, en plus d’avoir retrouvé son énergie et son sourire. Le cap du 100 livres, elle aurait voulu l’atteindre, mais son corps ne voulait pas. Quant aux antidépresseurs qu’elle prenait pourtant depuis deux ans, ils étaient maintenant de l’histoire ancienne.

«Ça arrive souvent que j’explique ce que j’ai fait. Dans mon entourage, on me dit t’es une source d’inspiration Caroline. Tu m’encourages à monter sur mon vélo», raconte la femme avec bonne humeur. Elle trouve d’ailleurs toujours du temps pour raconter son histoire et encourager d’autres personnes à bien s’alimenter et à être actives.

Bougie d’allumage

Malgré sa léthargie et tous les autres aléas dus à sa forte corpulence, Caroline ne trouvait pas le «guts» d’agir pour changer les choses. Ses portions étaient trop généreuses et, évidemment, les croustilles et la barre de chocolat, qu’elle gobait presque à tous les soirs, étaient de trop.

Sa bougie d’allumage, c’est son frère qui la lui a fournie. «Quelques semaines avant de décéder d’un cancer à l’âge de 28 ans, il m’a dit: Caroline, fais attention à ta santé. Il voyait que j’amenais les filles au McDo. Pour lui, c’était important de faire attention à sa santé, car lui, il ne l’avait pas depuis 12 ans», relate-t-elle.

À l’époque, elle n’avait pas de patience, dormait de nombreuses heures et avait de la difficulté à jouer avec ses enfants. Des régimes, elle en avait essayé beaucoup, mais le résultat demeurait le même. Dès qu’elle recommençait à manger normalement, elle reprenait le poids perdu. N’est-ce pas ce qui guette bien des adeptes de régimes?

La coureuse a entraîné sa famille dans son aventure. On l’aperçoit avec son mari et ses deux fillettes lors d’une épreuve de course, l’automne dernier.
Photo Charlotte Paquet
La coureuse a entraîné sa famille dans son aventure. On l’aperçoit avec son mari et ses deux fillettes lors d’une épreuve de course, l’automne dernier.

La Wii fit

Le message de son frère continuait de lui trotter dans la tête. «À un moment donné, je me suis dit tant qu’à devoir faire un virage dans ma vie un jour, aussi bien que je le fasse tout de suite», explique Caroline. Quelques semaines après avoir acheté une Wii fit, elle se décide enfin à sortir l’appareil de son emballage et l’essayer. C’est une révélation!

«Je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie à faire de l’exercice. Jour après jour, je faisais environ 45 minutes de Wii. Un mois plus tard, sans rien avoir changé à mon alimentation, j’avais perdu 20 livres. Je me suis dit Wow!, j’arrête tout de suite de mal manger et je profite de cette perte de poids», mentionne celle qui s’est fait aider par une nutritionniste pour la motivation.

Après quelques mois, la Wii a pris le bord pour la course à l’extérieur. «Je me suis dit si je suis capable courir avec la Wii, je suis capable courir dehors. J’ai commencé avec un trajet d’un kilomètre. J’ai couru environ la moitié et j’ai marché le reste. J’ai trouvé ça très difficile, mais je n’étais pas découragée. Le lendemain, j’y retournais ».

L’activité, un besoin

Caroline Desrosiers est devenue active et c’est peu dire. Aujourd’hui, elle pratique une activité physique de cinq à six fois par semaine. La course est devenue son dada, mais elle fait aussi du spinning et a ajouté la musculation l’automne dernier.

Quand elle s’est mise au jogging, elle avait encore un surplus de poids important, ce qui lui a causé deux périostites. Elle a dû ralentir la cadence à une ou deux fois par semaine, mais a comblé la différence par la natation.

Pour être active quand tu as de jeunes enfants, il faut de la planification. Ça, Caroline le sait. Ses séances d’activités sont planifiées à son horaire. Avec son employeur, elle a réussi à négocier de finir ses journées de travail à 16 h, ce qui facilite les choses.

La collaboration de son conjoint a aussi beaucoup compté. À l’époque de la Wii, les enfants étaient très jeunes. Papa s’enfermait dans une chambre (il n’y a pas de sous-sol dans la maison) pour jouer avec les petites pendant que maman s’activait. Aujourd’hui, même son mari et ses deux fillettes se sont mis au jogging.

Demi-marathon

En janvier 2014, Caroline Desrosiers et ses deux cousines se lancent le défi de franchir la distance du demi-marathon (21 km) au Marathon de Rimouski, en octobre. Surtout habituée à des parcours de cinq kilomètres, la coureuse a allongé ses distances et s’est entraînée encore plus fort.

«Au demi-marathon, j’avais un objectif : ne jamais arrêter de jogger. Je pouvais ralentir, mais ne pas arrêter. J’ai réussi. Je l’ai fait en deux heures et demie. Au bout du troisième kilomètre, je me suis mise à pleurer. J’ai senti que mon frère était là et que j’avais réussi. J’ai réussi, c’est ce que je me suis dit en foulant la ligne d’arrivée», conclut-elle, encore émue du merveilleux moment qu’elle a alors vécu.