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La contre-culture signée Fauve

Fauve
Photo courtoisie

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En moins de deux ans, Fauve a conquis une tout autre France, celle d’une jeunesse en rupture, qui manifeste son refus et aussi son désarroi devant l’incurie et la corruption des élites, la trahison des idéaux et le retour bancal au mépris de classe.

Ce collectif, dont les membres refusent d’être photographiés, de donner des interviews, voire d’être primés dans des galas comme les Victoires de la musique, suit une voie souterraine, celle de la contre-culture.

Cinq membres et une quinzaine de collaborateurs qui aident à faire passer le message et le messager sur scène, à l’écran et sur le web.

Ils offrent des musiques hantées par des influences hip-hop, aux nombreuses boucles rythmiques et mélodiques, façon claviers, piano et guitares, tantôt sombres ou gaies (Tallulah), glissant vers une pop accrocheuse, mais jamais racoleuse et servant efficacement le propos.

Le ton est profondément poétique, maniant la langue française à la manière de Rimbaud et de Baudelaire, usant de lucidité, résolument moderne et symbolique là et quand il le faut.

L’authenticité, la vérité et le bonheur ici et maintenant en sont les thèmes.

Pas de chanteur, mais quelqu’un qui déclame dans la plus grande tradition française des images fortes et touchantes, dans un langage apparemment cru, mais dénué de toute vulgarité, sur le ton de la confidence, mais de l’exhortation et de l’urgence.

C’est l’argot du jour, résolument anti-bourgeois, défiant l’hypocrisie des conventions et parlé par tous les lycéens de France. Une langue qui touche, émeut, parle et se livre en toute sincérité (Révérence).

C’est la langue des 400 coups, où la fugue amoureuse et l’ivresse des premiers frissons et de l’abandon portent au sommet du monde. Qui n’a pas vécu cette impression d’être seul au monde? Le côté invincible des amoureux, c’est ce que raconte encore mieux en clip Les hautes lumières, une des chansons les plus représentatives de l’album.

Onze titres, deux intermèdes, une langue riche, à donner des complexes comme des vertiges, dénuée de moralisme et sans cliché. Pour un coup de jeune.

Fauve
Photo courtoisie

Fauve | ★★★★

Vieux Frères, partie 2
Warner

 


Fauve
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The Mavericks | ★★★★

Mono
Big Machine Records

Raul Malo et The Mavericks, un groupe à la feuille de route impeccable, ont réussi à se faire reconnaître par les bonzes et leurs pairs à Nashville, tout en refusant de faire quelque concession que ce soit. Qui accepterait de mêler ska et country (Summertime), sans compter des digressions vers le rock à la Johnny Rivers comme dans Let It Rain (On Me), avec un arrangement pour saxophone baryton et harmonica qui emprunte quasiment au dub minimaliste? On peut regretter Roy Orbison mais la voix de Raul Malo en dissipe vite le chagrin. Pour les nostalgiques de ce poseur disparu des écrans radars, Chris Isaak, Fascinate Me promet justement cela. À déguster, en levant le coude ou le pied, avec un tout petit soupçon de tex-mex.

 


Fauve
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Dom La Nena | ★★★½

SOYO
Six Degrees

De son vrai nom Dominique Pinto, la «petite» née au Brésil, ayant beaucoup bourlingué en Amérique du Sud et en Europe, se fixant à Paris comme port d’attache, s’est fait connaître par une pop aérienne, équilibre délicat entre beauté, sérénité et tendresse. Ce troisième CD ne fait pas exception, quoique les influences de musique populaire brésilienne ou lusophone (Lisboa) soient beaucoup plus présentes (La nena soy yo). La présence à ses côtés du réalisateur brésilien Marcelo Camelo y est pour beaucoup. Mais ceux/celles qui préfèrent cette filiation à Lhasa, envers ce folk éthéré et contemporain seront aussi servis (Carnaval, El Silencio). Un album de la maturité, entre ses racines et rock indie / international. En tournée au mois de mars au Québec.

 


Fauve
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Chris De Burgh | ★★★

The Hands of Man
Justin Time

En prenant de l’âge, il se veut plus philosophe, dissertant sur l’état du monde, professant une foi en l’Homme, teinté de christianisme bon teint. Il ne peut abandonner totalement la chansonnette (There Goes My Heart Again) mais il ne peut s’empêcher d’être nostalgique des dimanches qui s’en sont allés pour le 24/7, d’évoquer le fantôme de Richard Cœur de Lion et autres références coloniales du fait qu’il soit britannique, né en Argentine d’un père militaire de carrière et diplomate. Bref, il se livre. Les musiques sont toujours de son crû, arrangées de manière un peu pompeuse (The Keeper of the Keys), une pop des années 70-80, en tombant parfois dans le sirupeux. Pour les fans des retrouvailles; pour d’autres ce sera ce commentaire acerbe qui est trop souvent servi au genre: «Common words, common music for common people.»

 


En magasin ou en ligne mardi

Steven Wilson, Hand.Cannot.Erase

Noel Gallagher, Chasing Yesterday

Modest Mouse, Strangers to Ourselves

Of Montreal, Aureate Gloom

Axis: Suva, Early Surf

Eric Chenaux, Skullsplitter

Bia, Navegar

Ibeyi, Ibeyi

Colin Hay, Next Year People