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L’extrême gauche haineuse

UQAM
Photo Courtoisie

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Le Devoir révélait avant-hier que des extrémistes de gauche font régner une petite terreur quotidienne à l’UQAM. Ils barbouillent les murs, ils interrompent des conférences, ils sont violents, ils gâchent la vie d’un peu tout le monde, et cela, dans un climat général d’impunité. Des professeurs n’en peuvent plus et ont pris la parole publiquement pour dénoncer cela.

Le Devoir révélait avant-hier que des extrémistes de gauche font régner une petite terreur quotidienne à l’UQAM. Ils barbouillent les murs, ils interrompent des conférences, ils sont violents, ils gâchent la vie d’un peu tout le monde, et cela, dans un climat général d’impunité. Des professeurs n’en peuvent plus et ont pris la parole publiquement pour dénoncer cela.

C’est courageux. Ils risquent de le payer cher.

Culture radicale

Je devine les réactions attendues: l’UQAM, c’est l’UQAM. Rien de neuf sous le soleil. C’est un peu rapide. Car quoi qu’on en pense, l’UQAM est une institution admirable où des professeurs de grande qualité, pour la plupart, mènent des recherches qui méritent toute notre estime. Le mépris à son endroit relève bien souvent de l’ignorance la plus exaspérante. Cela dit, il est vrai que l’UQAM abrite probablement malgré elle une culture radicale qui trahit sa mission universitaire.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’une bande d’activistes d’extrême gauche qui se croient en droit d’ainsi prendre en otage une institution? Qu’est-ce qu’ils se disent lorsqu’ils envisagent de perturber une soutenance de thèse universitaire? Ou lorsqu’ils interrompent un cours, un colloque ou une conférence? De quel droit peuvent-ils ainsi transformer un lieu de haut savoir en champ de bataille?

D’abord et avant tout, ils sont idéologiquement intoxiqués. Ils vivent dans un univers parallèle, qui est celui de la révolution à venir, et se voient comme les soldats du Bien contre le Mal. Le Bien, c’est l’anticapitalisme, le néomarxisme, l’écologie profonde, le féminisme radical et autres variétés doctrinales connues. Le mal, c’est ce qui, d’une manière ou d’une autre, ne se soumet pas à leur vision des choses. Ils l’appellent «la droite».

Et la démocratie ?

Et bien évidemment, le Bien ne débat pas avec le Mal. Il le pourchasse, il le dénonce, il monte contre lui des barricades. Il est en croisade. Pourtant, la démocratie présuppose une diversité de perspectives possibles. Elle relativise les absolus et permet ainsi à des adversaires de discuter raisonnablement, sans s’enfermer dans leurs dogmes respectifs. Ceux qui sont illuminés par leur doctrine comme ils le seraient par une révélation divine ne sont pas faits pour la démocratie.

Mais la chose va bien au-delà de l’UQAM. La culture des réseaux sociaux a généralisé ce comportement à la grandeur de la société. Dès qu’une personne sort du consensus médiatique dans lequel notre société évolue, on trouvera des fanatiques pour en appeler à son expulsion des ondes. On exigera qu’on lui retire sa tribune. On lui vomira dessus des insultes sans jamais prendre la peine de discuter de ses arguments.

Disons les choses clairement: l’extrême gauche a l’habitude de tenir des propos haineux en toute impunité. Elle bénéficie même d’une complaisance généralisée. C’est une bonne chose qu’une partie du corps professoral en appelle à la fin du délire. L’UQAM mérite beaucoup mieux que la réputation de poudrière idéologique que lui font quelques agités du bocal qui tolèrent mal les idées comme d’autres tolèrent mal la boisson.