/news/politics
Navigation

Maisons pour toxicomanes : les assistés sociaux doivent payer plus cher

Coup d'oeil sur cet article

Les maisons d’aide pour toxicomanes chargent systématiquement plus cher à leurs pensionnaires prestataires d’aide sociale parce que leurs revenus proviennent de l’État, a appris notre Bureau parlementaire.

Être bénéficiaire de l’aide sociale semble le premier critère pour être admis à une cure ou une thérapie dans une maison pour toxicomanes, alcooliques ou dépendants des jeux de hasard. Environ 80 % des résidents dans ces maisons d’aide sont bénéficiaires de l’aide sociale.

Dans plusieurs maisons d’aide en toxicomanie, la première question posée à un demandeur est souvent la suivante: «Êtes-vous sur l’aide sociale?» Si la personne n’a pas de revenu, un préposé de la maison se chargera des démarches pour faire la demande d’aide sociale. La situation commence à faire sourciller au gouvernement.

1500 $ de plus par mois

Une maison de désintoxication peut facturer jusqu’à 1500 $ de plus par mois pour un bénéficiaire de l’aide sociale comparativement à un chômeur ou un travailleur.

Selon des informations obtenues des ministères de la Sécurité sociale et de la Santé, cette surfacturation est largement répandue dans le réseau de résidences pour toxicomanes.

À la maison L’Arc-en-ciel, en Montérégie, une personne travaillant au salaire minimum paiera 1000 $ pour un séjour d’un mois. Pour un prestataire de l’aide sociale, la facture atteindra 1700 $. L’argent provient du Trésor public.

Au centre Toxi-co-gîtes en Estrie, la facture liée à un prestataire de l’aide sociale s’élève à 1800 $ par mois pour un séjour de six mois comparativement à 750 $ par mois pour un résident qui n’est pas bénéficiaire. Le centre Toxi-co-gîtes est à but lucratif. «Le système est mal fait», opine le directeur Bruno Dadamo.

Prestation spéciale

Les bénéficiaires de l’aide sociale admis en cure reçoivent une prestation spéciale et 1500 $ par mois pour couvrir les frais de subsistance. L’argent est versé par Emploi Québec directement dans les coffres des maisons de désintoxication.

Les travailleurs et chômeurs n’ont pas droit à cette prestation. «Si je leur charge le plein prix, ils ne seront pas capables de suivre une thérapie, plaide Bruno Dadamo. Il y a des maisons qui n’acceptent que des bénéficiaires de l’aide sociale.»

À la maison Arrimage de Rimouski, l’écart de facturation est de 1525 $ entre un bénéficiaire de l’aide sociale et un travailleur pour un séjour de sept semaines.

«On reçoit plus d’argent pour une personne assistée sociale», reconnaît Vincent Marcoux, directeur de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance.