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Malaise à l’université

UQAM
Pourquoi ces troubles se déroulent spécifiquement à l’UQÀM ?

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L’UQÀM a toujours eu la réputation d’une université rock’n’roll.

Tu voulais étudier? T’allais à l’UdeM, à l’Université Laval, à Sherbrooke ou à McGill.

Tu voulais militer entre deux séances de glandage au café étudiant? T’allais à l’UQÀM.

Dans l’imagerie populaire, l’UQÀM est à Québec solidaire ce que le Canadien junior était au Canadien: un club-école, où des profs barbus t’apprennent les mille et une façons de pelleter des nuages.

Comme tous les clichés, celui-là est à la fois faux et vrai.

Comme dirait l’autre: y a pas de fumée sans joint.

LES INVASIONS BARBARES

Mais avec ce que nous a appris Le Devoir hier, l’UQÀM est passée à une autre étape.

«I see a red door and I want it painted black», comme le chantaient les Stones.

Après le règne des théoriciens de la lutte ouvrière, voici celui des anarchistes, des barbares, des sauvages.

Intimidation, vandalisme, harcèlement, commandos masqués qui débarquent dans des salles en hurlant, bris de matériel, coups de pieds dans les portes, graffitis, peinture lancée sur les murs, insultes – c’est le foutu bordel.

Au point où des professeurs ont décidé de prendre la plume pour lancer un cri du cœur.

«Je ne comprends pas, a dit le vice-doyen de l’UQÀM. C’est comme si quelqu’un qui reçoit une hausse de taxe foncière qu’il juge injuste décidait de vandaliser sa propre maison. Il y a des choses comme ça qui me dépassent.»

Effectivement... Pourquoi un individu qui a payé pour suivre des cours fait tout ce qu’il peut pour qu’on annule ses cours?

Fouillez-moi.

La seule personne que cet individu pénalise est lui-même.

Après, ils chialent parce qu’ils trouvent les frais de scolarité trop élevés. Effectivement, si t’achètes des services que tu ne veux pas recevoir, je peux comprendre que tu trouves la facture salée...

ACTION POLITIQUE 101

«Je pense que l’action politique fait autant partie de l’éducation que son étude théorique dans les cours», dit Anne-Marie Veillette, «directrice des communications» de l’Association facultaire étudiante de science politique et droit.

Désolé de vous contredire, madame, mais avant de changer le monde, il faut comprendre comment il fonctionne.

Or, c’est JUSTEMENT le rôle de l’université: vous enseigner les faits.

Quand vous sortirez de l’école, vous militerez pour qui vous voudrez. Mais à l’école, on s’assoit, on discute, on échange, on compare, on écoute et on réfléchit.

Et cela doit se faire dans un certain calme, pour ne pas dire un calme certain.

L’université n’est pas la vie. L’université est un laboratoire dans lequel vous ÉTUDIEZ la vie. Nuance.

LE TEMPS DES RÉCOLTES

Une question que je me pose: pourquoi ces troubles se déroulent spécifiquement à l’UQÀM?

Les champignons ne poussent pas partout.

Ça prend un sol particulier, des conditions spécifiques – bref, un environnement propice.

On ne naît pas «enfant roi». On le devient parce que nos parents ne nous ont jamais dit Non.

Idem pour les étudiants radicaux qui foutent le bordel. S’ils se retrouvent à l’UQÀM, ce n’est pas un hasard.

C’est parce que la culture de protestation qui règne dans cette université depuis des années a permis l’éclosion d’un tel phénomène.

On récolte ce qu’on a semé.