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Une école secondaire anglophone se sert d'un logiciel de traduction à la place d'un prof de français

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Des parents d’élèves qui fréquentent l’École anglophone Howard S. Billings de Châteauguay ont eu la surprise d’apprendre que depuis novembre dernier, l’enseignement du français langue seconde n’est plus donné en classe par un professeur, mais par un logiciel.

La commission scolaire New Frontiers affirme que cette mesure temporaire a été mise en place pour répondre à un problème de pénurie d’enseignants de français langue seconde (FSL).

«C’est inacceptable, tranche Raymond Ledoux. J’ai appris ça vendredi. Les parents et le directeur de la commission scolaire ne le savaient pas», dénonce le président du Conseil d’établissement et père d’une adolescente qui fréquente l’école.

Les élèves de 5e secondaire inscrits au programme alternatif utilisent donc le logiciel d’apprentissage de langue Rosetta Stone comme «ressource d’appui», explique la direction de la commission scolaire qui réagit par voie de communiqué et refuse toute demande d’entrevue.

Pénurie ?

«J’ai bien de la misère à croire qu’il y a une pénurie d’enseignants francophones au Québec capables d’enseigner le français langue seconde», confie Richard Goldfinch, président de l’Association des enseignants de commissions scolaires anglophones (APEQ).

Richard Goldfinch, Syndicat des enseignants
Richard Goldfinch, Syndicat des enseignants

«C’est ridicule! Lorsque les commissions scolaires sont incapables de remplir un poste, elles peuvent obtenir une autorisation provisoire qui permet d’embaucher un enseignant d’une autre matière pour occuper ce poste», explique Sylvain Malette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

La Commission scolaire assure que les élèves qui auront utilisé le logiciel d’apprentissage auront complété les 100 heures d’enseignement du français langue seconde exigées par la loi et seront prêts pour leurs examens finaux.

«C’est sûr que c’est un moyen un peu désespéré d’enseigner une matière, croit Stéphane Villeneuve, professeur au département de didactique de l’UQAM. L’interaction avec un professeur, se faire corriger et une rétroaction rapide augmente de beaucoup le niveau d’apprentissage», ajoute le spécialiste des technologies de l’information.