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UQAM : université ou champ de bataille?

UQAM
Photo Le Journal de Montréal, Anne Caroline Desplanques

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L’acronyme de l’Université du Québec à Montréal pourrait plus justement signifier «l’Union québécoise des anarchos-manipulateurs». Est-ce bien ce qu’ont souhaité ses dirigeants de la première heure, au premier chef Léo Dorais, qui étaient habités par un idéal noble, celui d’ouvrir les portes d’une université, haut lieu du savoir, aux enfants des classes défavorisées?

L’acronyme de l’Université du Québec à Montréal pourrait plus justement signifier «l’Union québécoise des anarchos-manipulateurs». Est-ce bien ce qu’ont souhaité ses dirigeants de la première heure, au premier chef Léo Dorais, qui étaient habités par un idéal noble, celui d’ouvrir les portes d’une université, haut lieu du savoir, aux enfants des classes défavorisées?

Les penseurs créateurs de l’UQAM, gens de gauche, plutôt sociaux-démocrates, parfois admirateurs de Marx, Lénine et Trotsky, souhaitaient un lieu où la connaissance et la conscience sociale allaient fusionner et permettre de ce fait une révolution culturelle, extension intellectuelle de la Révolution tranquille.

L’UQAM, un laboratoire

C’est pourquoi l’UQAM fut dès sa création en 1969 un lieu de bouillonnement, un laboratoire d’expérimentation académique, un centre de l’utopie et le siège de la turbulence estudiantine. Ce fut aussi un centre d’excellence grâce à des professeurs compétents, dévoués dans la plus pure tradition humaniste. Il y eut également des professeurs plus idéologiques qui menèrent et mènent encore une lutte des classes «à l’ancienne servie à la moderne» et qui cèdent à la tentation démagogique en flattant les étudiants-commandos dans le sens du poil.

L’UQAM est donc un lieu où l’on ne s’ennuie guère, sauf dans les cours donnés par des professeurs soporifiques ou incompétents, que l’on retrouve aussi, admettons-le, dans des universités plus traditionnelles. On y trouve aussi des étudiants sérieux, avides de connaître, libres d’esprit mais qui sont de plus en plus bousculés par de tristes commandos. Ces derniers sont formés de jeunes écervelés, endoctrinés selon les méthodes les plus primaires par des professeurs atteints eux-mêmes de simplisme intellectuel. Des professeurs carencés affectifs qui, pour se faire aimer par ces jeunes croisés aux visées anarchistes, se taisent ou pire s’adjoignent à eux dans un espoir de jeunisme.

L’anarchie

À la direction de l’UQAM se retrouvent aussi des pleutres, des champions de l’apaisement qui craignent par leurs interventions de faire des vagues, des dirigeants qui somme toute ont peur des étudiants qui, par leurs actes, sont en train de faire imploser une institution dont la mission première de démocratiser l’éducation fut une réussite.

Des étudiants, masqués parfois, qui surgissent dans les salles de cours pour expulser enseignants et étudiants, qui abîment et détruisent le mobilier, qui espionnent des professeurs, les dénoncent publiquement sur les réseaux sociaux, qui lancent de prétendues fatwas contre des professeurs qui ne sont pas leurs amis, c’est-à-dire qui ne partagent ni leur rage ni leur haine du système qu’ils veulent détruire. Devant ces étudiants qui sèment la peur et gribouillent des slogans antisémites sur les portes de certains professeurs, la direction de l’UQAM admet son impuissance à les contrôler, mais refuse à faire entrer la police dans les locaux universitaires.

Il faut être reconnaissants aux professeurs de sciences politiques qui ont eu l’immense courage dans le contexte de publier cette semaine un texte qui ose mettre en mots les actes de ces bandes de voyous qui sont une honte pour la société tout entière. Pratiquer la tolérance face à ces pyromanes sociaux n’est pas une vertu, mais plutôt l’expression d’une faiblesse des autorités en place.