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L’enseignant, accessoire comme les autres

L’enseignant, accessoire comme les autres
Sebastien St-Jean/24Heures/Agenc

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Ce matin, une nouvelle absurde : une école de Châteauguay, incapable de trouver un enseignant de français langue seconde demande à des enseignants d’autres matières de donner la classe, s’appuyant sur le logiciel Rosetta Stone.

J’ai pensé un instant que c’était un texte de La Pravda, que c’était une parodie ridicule, une nouvelle inventée. Qu’au Québec, dans une école anglophone, on puisse considérer la langue française comme une matière de second plan, se permettant de « l’enseigner » à la botche me sidère. Quel message l’école envoie-t-elle à ses élèves ? Que le français n’est pas important ? Qu’on peut se permettre de banaliser son enseignement (et son apprentissage !) en substituant le prof spécialiste par un logiciel ?  

Cette école, et la commission Scolaire New Frontiers, qui la défend, poussent aux limites de l’odieux la pédagogie « progressive » où le prof, accessoire, peut très bien en être  un parmi d’autres, en compétition avec une multitude de gugusses « pédagogiques » : des TNI, TBI, tablettes ou logiciels. Une licence de Rosetta Stone coûte beaucoup moins cher qu’un enseignant. Qui plus est, il n’a pas de syndicats et ne demande rien pour améliorer ses conditions de travail.  

Ce fait divers témoigne de ce dont on se doutait déjà : l’enseignant n’est plus que considéré comme un vulgaire accompagnateur, tout au plus. Pourtant, l’enseignant est celui qui peut faire en sorte que l’école apporte à l’élève des choses différentes de ce qu’il pourrait faire seul à la maison : un soutien personnalisé, une explication magistrale, des exercices en grand groupe, une manipulation de la langue afin l’apprenant  la rendre concrète, vivante. C’est ce qu’un enseignant doit faire, pas « écraser » ses étudiants devant un logiciel qui lui demande de faire des associations entre une image et une phrase !

Évidemment, ça ne soulève pas les foules. C’est juste une histoire d’école. L’éducation, c’est tellement secondaire.

En décembre, Philippe Couillard affirmait qu'Yves Bolduc "représentait le futur de l'éducation" cela veut-il dire que le futur de l'éducation, c'est la démission ? Qu'on abandonne ? Cette histoire ridicule nous le prouve.

Je lisais d’ailleurs sur Internet ce soir qu’on avait développé au Japon un « infirmier robot ".

Ouin, et bien, nous y sommes : l’humain est maintenant un accessoire comme les autres.