/news/politics
Navigation

SNC-Lavalin: le PQ accuse Daoust d’ingérence

Jacques Daoust
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre Jacques Daoust

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre Jacques Daoust s’est porté à la défense de SNC-Lavalin, une firme pour laquelle il a déjà travaillé par le passé et qui fait face à des accusations de fraude et de corruption.

C’est là un flagrant manque de jugement de la part du ministre de l’Économie, qui s’ingère dans le processus judiciaire, dénonce le Parti québécois. «C’est un faux pas important, le processus criminel est un processus indépendant», plaide le député péquiste Alexandre Cloutier.

La semaine dernière, le ministre Daoust s’est dit très surpris que la GRC ait déposé des accusations criminelles contre le fleuron québécois. «Je n’aime pas ce que je vois là, a-t-il soutenu. SNC-Lavalin, on a pu lui reprocher des choses et on peut avoir des dirigeants qui ont posé des gestes répréhensibles, mais la société que vous avez actuellement est éminemment correcte».

Selon lui, l’application de la future loi 26 de son gouvernement, qui vise à récupérer les sommes que les entreprises frauduleuses ont volées au gouvernement, aurait été «suffisante» dans le cas de la firme de génie québécoise.

VP de SNC

Jacques Daoust a occupé le poste de vice-président chez SNC de 1983 à 1986, avant sa fusion avec Lavalin. «On parle d’un groupe qui avait 5000 employés versus un groupe qui en a 40 000 aujourd’hui, on ne parle pas du tout de la même entreprise», plaide-t-on à son cabinet.

N’est-ce pas délicat de défendre une entreprise pour laquelle il a déjà travaillé? «Une situation que je trouve encore plus délicate, c’est un député qui est actionnaire de contrôle», réplique l’attachée de presse du ministre, Mélissa Turgeon.

Mais pour le député Cloutier, le mal est fait. «Sachant qu’il avait lui-même été employé de la firme, déjà il aurait dû faire preuve de prudence parce que c’est un processus où il y a eu des accusations criminelles», insiste-t-il. Il réclame l’intervention de la ministre de la Justice, qui doit rappeler à l’ordre son collègue. «Espérons que ça n’aura pas pour effet de faire avorter [le procès]», renchérit le péquiste.