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Son genou reconstruit en 15 jours

France Provost-Clément a préféré payer plus de 21 000$ pour se faire refaire une partie d'un genou dans une clinique privée, à défaut d'avoir une chirurgie dans un délai raisonnable à l'hôpital de Saint-Eustache.
Photo collaboration spéciale, Denise Proulx France Provost-Clément a préféré payer plus de 21 000$ pour se faire refaire une partie d'un genou dans une clinique privée, à défaut d'avoir une chirurgie dans un délai raisonnable à l'hôpital de Saint-Eustache.

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En raison de la pénurie de médecins qui sévit dans les Laurentides, une femme a préféré débourser 21 100 $ dans le privé pour obtenir un genou artificiel.

La pénurie de médecins de famille et spécialisés pousse de nombreux patients des Basses-Laurentides vers Montréal et les cliniques privées pour se faire soigner.

France Provost-Clément, qui habite Deux-Montagnes, a ainsi choisi de débourser 21 100 $ pour obtenir un genou artificiel.

Plutôt que d’être soignée à l’hôpital de St-Eustache et d’attendre pendant un an et demi, une clinique privée de Laval lui a reconstruit le genou en 15 jours.

«Je souffrais le martyr. Quelqu’un m’a dit de chercher dans le privé. Je sais qu’il y a même des médecins du système public qui les utilisent, pour gagner du temps», raconte Mme Provost-Clément.

Elle a été soignée rapidement, mais a dû mettre largement la main dans ses poches pour obtenir un genou tout neuf.

La première visite à la clinique privée de Laval, avec un médecin généraliste, lui a coûté 180 $. La seconde, avec un orthopédiste, un autre 180 $. Puis, elle a déboursé 17 000 $ pour l’opération, 1428 $ en médicaments et 2000 $ en physiothérapie, tous offerts au même endroit.

Une histoire qui se répète

L’histoire de la pénurie de services spécialisés s’est répétée avec Jean-Marc Saint-Hilaire, un retraité de 65 ans. Son médecin de famille, qu’il a déniché il y a trois ans dans le Vieux-Montréal, lui a recommandé de passer une échographie pour mieux cerner des problèmes rénaux.

Incapable d’obtenir un rendez-vous avant deux ans à l’hôpital de Saint-Eustache, il a dû se résigner lui aussi à faire affaire avec une clinique privée.

«J’ai dû prendre l’autobus pour me rendre à Montréal, et l’échographie m’a coûté 150 $. Les cliniques dans la région me demandaient 170 $. Pour moi, la différence de 20 $ est importante, je ne vis qu’avec ma pension», explique le citoyen de Saint-Eustache.

Son médecin de famille montréalais a finalement découvert que son patient pouvait avoir des services gratuits à l’hôpital Fleury, pour d’autres tests plus sophistiqués.

«Je réussis à avoir mes rendez-vous avec un seul mois d’attente», se réjouit M. Saint-Hilaire.

50% de la population sans médecin

Dans les Laurentides, il manque 113 médecins de famille et 55 médecins spécialistes. Après la Montérégie, il s’agit de la région où le manque de médecins est le plus criant.

Un rapport produit par le CSSS du Lac-des Deux-Montagnes indique que dans la partie ouest des Basses-Laurentides, à peine 50% de la population possède un médecin de famille.