/sports/others
Navigation

Un chef cuisinier suédois pour Harvey

Alex Harvey (à gauche) et les skieurs de l’équipe canadienne bénéficient des attentions du chef Mathias Eriksson (au centre) durant les mondiaux à Falun.
Photo Alain Bergeron Alex Harvey (à gauche) et les skieurs de l’équipe canadienne bénéficient des attentions du chef Mathias Eriksson (au centre) durant les mondiaux à Falun.

Coup d'oeil sur cet article

Au 50, rue Seminariegatan, Alex Harvey et les skieurs canadiens reçoivent les mêmes égards que le roi de Suède. Bienvenue à la table du chef Mathias Eriksson!

Dans cette maison louée par l’équipe canadienne durant les championnats mondiaux de ski de fond à Falun, les arômes exercent sur Harvey le même effet que le podium. Ils lui donnent le goût d’y revenir.

«Vous savez ce qui est le plus amusant? C’est de voir ce gars-là s’asseoir à la table avant une course, ici devant moi, et deux heures plus tard, je revois ce même Alex à la télévision gagner une médaille aux championnats du monde. Et deux heures après, il revient encore s’asseoir à cette table pour manger la nourriture que je lui ai préparée», exprime avec emballement le chef suédois.

Une rue, trois maisons

Cuisinier pour une entreprise de la banlieue de Stockholm spécialisée dans les banquets, Eriksson a sauté sur l’invitation lancée par son patron, qui avait fait le même boulot auprès de l’équipe de ski de fond suédoise aux Jeux olympiques de Sotchi. Cette fois-ci, l’occasion s’est présentée.

Au lieu de la monotonie et du peu de latitude que laisse l’hébergement en hôtel, Ski de fond Canada (SFC) souhaitait offrir à ses athlètes et son personnel d’encadrement un environnement plus convivial. Trois maisons de familles suédoises ont ainsi été louées – par un heureux hasard dans la même rue – et l’une d’elles allait être réservée aux repas.

Bien manger

Et c’est Mathias qui a hérité des estomacs des skieurs canadiens. Son menu diversifié, en priorisant les hydrates de carbone et les protéines, a été élaboré à la suite d’échanges avec l’équipe canadienne. Le midi de notre visite, deux salades différentes attendaient les athlètes au milieu de la table. «J’y vais de mes idées personnelles et je peux mettre une touche suédoise, mais ce qui compte d’abord, c’est que les athlètes aiment et qu’ils mangent bien», dit-il.

Levé à 6 h, rarement au lit avant 22 h, ce verbomoteur se réserve un jogging d’une trentaine de minutes au milieu de la journée pour se «donner de l’énergie». Aussi, il tient à suivre la course du jour à la télé pendant qu’il popote.

«Ce qui est bien avec Alex, c’est qu’il ne prétend pas être au-dessus de tout le monde. Il est un être humain normal. Je le vois quand il s’assoit à la table. Il sait déconner avec tous les autres. Il est comme les autres. Il n’est pas Superman...»


Un podium au relais enverrait un message

FALUN | Le podium représente un mirage pour l’équipe canadienne du relais, aujourd’hui, alors aussi bien pour Alex Harvey de s’en servir comme un entraînement en vue du 50 km de dimanche. Et aussi pour lancer un message!

«À partir du cinquième kilomètre, je vais commencer à pousser pour sentir l’effort. Si je me sens bien, je vais provoquer quelque chose. Ça va être juste le «fun»!» prévoit le Québécois, qui s’élancera le premier du quatuor canadien dans cette épreuve de 4 X 10 km.

semer le doute

Vu son niveau de forme optimal, il pourrait profiter du rythme habituellement plus lent dans le premier quart de cette épreuve pour semer le doute parmi les prétendants au podium de dimanche. Quand on s’approche ainsi de la fin, le ski se joue aussi dans la tête. Or, Harvey prend un plaisir à dévoiler ses intentions.

«Si je me sens bien, je vais montrer que je vais être bon pour le 50 km», avise Harvey, sourire en coin.

«C’est une «game» mentale aussi. C’est psychologique. Si je sème tout le monde, ça crée un effet. Ça laisse un message. Ça peut juste les stresser un peu plus!»
Graeme Killick, Ivan Babikov et Len Valjas succéderont à Harvey dans ce relais.