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Bolduc part et empoche une prime de départ de 155 000 $

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Au centre de la controverse depuis plusieurs jours, le ministre de l'Éducation Yves Bolduc quitte la vie politique et empoche une prime de départ de 155 000 $.

«J'ai tout simplement pris la décision de retourner à la pratique médicale, ce que j'adore. Je démissionne en tant que ministre et également en tant que député, donc c'est un départ de la politique», a-t-il confié jeudi matin, flanqué de Philippe Couillard.

Le député de Jean-Talon ne renonce pas à l'allocation de transition prévue dans les conditions de travail des députés, a confirmé à notre Bureau parlementaire son cabinet.

Très ému, le premier ministre s'est dit «chagriné» du départ de son collègue et ami. «Il y a des journées douloureuses, des journées tristes en politique, c'est une journée comme ça, a-t-il déclaré, des trémolos dans la voix. J'ai accepté la décision de mon ami, mon collègue Yves, celui que j'ai amené en politique en 2008 alors que moi je quittais le ministère de la Santé, dont il a pris les rênes par la suite».

Mais le manque de soutien du premier ministre, qui a refusé de lui donner sa confiance à plusieurs reprises dans les derniers jours, n'est pas étranger au départ du Dr Bolduc. Le député de Jean-Talon a pris sa décision mercredi soir, après une autre journée sans l'appui de son chef.

Un mini-remaniement au Conseil des ministres est imminent. Plusieurs rumeurs envoient  Hélène David, actuelle ministre de la Culture et ancienne vice-rectrice à l'Université de Montréal, récupérer le portefeuille de l'Éducation. Le ministre de l'Emploi, François Blais, serait aussi sur les rangs. Mais les noms du vieux routier libéral Pierre Paradis et du leader parlementaire Jean-Marc Fournier circulent également.

Controverses

M. Bolduc était au centre d’une tempête politique depuis qu’il a fait une déclaration malheureuse sur des fouilles à nu «très respectueuses». Pour plusieurs observateurs, il était devenu le symbole d’un gouvernement qui peine à communiquer son message.

«Il n’y a pas 25 gouvernements, il y en a un. Et il y a un seul message gouvernemental», a lancé Philippe Couillard lundi. Cette semaine, le premier ministre a d’ailleurs refusé à de nombreuses reprises de donner sa confiance à Yves Bolduc. Le doyen des libéraux Pierre Paradis a même demandé publiquement à M. Couillard de clarifier la situation.

D’autres controverses ont frappé le député de Jean-Talon au cours des derniers mois. Il avait aussi dû se rétracter au mois août après avoir déclaré qu’aucun enfant n’allait pas mourir de coupes dans les bibliothèques scolaires. Il avait encore une fois été rabroué par son chef.

Philippe Couillard a lui-même été aspiré dans une controverse lorsqu’il a déclaré que la prime de 225 000 $ reçu par le Dr Bolduc était une «tempête dans un verre d’eau.»

La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David.
Simon Clark/Agence QMI
La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David.