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La faute aux médias, selon Adil Charkaoui

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Furieux, Adil Charkaoui menace de poursuivre les deux collèges qui ont suspendu leur contrat de location de classe. Selon lui, ces établissements subissent la pression de certains médias qui mènent une «chasse aux sorcières» contre les musulmans.

Furieux, Adil Charkaoui menace de poursuivre les deux collèges qui ont suspendu leur contrat de location de classe. Selon lui, ces établissements subissent la pression de certains médias qui mènent une «chasse aux sorcières» contre les musulmans.

«Ça ne va pas se passer comme ça, prévient Adil Charkaoui. Ça ne va pas passer par la justice des médias.»

Le directeur du Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal (CCIEM) réagit vivement à la décision prise par le Collège Maisonneuve et par le Collège de Rosemont de suspendre les contrats de location avec le CCIEM.

«Nous rejetons catégoriquement ces suspensions et l’École des compagnons que je dirige se réserve le droit de poursuivre les collèges pour dommages et pertes subies», a-t-il indiqué.

La direction des deux établissements a suspendu les contrats pour se permettre de vérifier le site web du CCIEM qui suggère aux internautes un hyperlien vers une vidéo et des textes faisant la promotion du djihad.

Une interprétation que ne partage pas M.Charkaoui. «Ceux qui croient que la vidéo n’est pas appropriée ne comprennent pas l'arabe», plaide-t-il.

La direction du Collège de Rosemont dit souhaiter entendre la version de M. Charkaoui afin de prendre une décision éclairée pour la suite des choses.

De son côté, Adil Charkaoui refuse de se rendre responsable de tout ce qui peut être accessible dans une bibliothèque virtuelle. Il réfute également les allégations de liens entre les enseignements donnés par son école et les six jeunes radicaux qui ont quitté le pays à la mi-janvier.

«Un seul d’entre eux s’est inscrit chez nous. Il était plutôt timide et parlait peu. Il n’a assisté qu’à deux cours et s’est désinscrit», affirme-t-il.

Diabolisation

Celui qui dirige le Collectif québécois contre l’islamophobie dénonce certains médias qu’il juge responsables de la «diabolisation» des musulmans.

M.Charkaoui s’en prend tout particulièrement aux journalistes qui à son avis, «subissent les pressions politiques d’un magnat de la presse qui a un projet de pays».

Selon la chercheure en relations internationales Janine Krieber, monsieur Charkaoui ne fait pas une juste lecture des événements et réagit de façon excessive. À son avis, les deux collèges ont été prudents de se retirer temporairement de l’entente.

«Nous sommes en guerre, tout le monde doit être prudent, insiste-t-elle. Ces temps-ci, il ne me viendrait pas à l’idée de rendre disponibles des textes pro djihad, c’est une simple question de jugement», conclut la spécialiste du terrorisme.