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Laïcité : la grande confusion

charte de la laïcité
Photo courtoisie

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Je croyais qu’avec l’interminable débat qu’on a eu sur la charte des valeurs, les Québécois avaient mieux saisi les tenants et les aboutissants du dossier de la laïcité.

Eh bien non, il semble que les gens sont encore tout mêlés.

Pas de hijab en cour ?

Prenez la juge qui a demandé à une musulmane d’enlever son hijab pour être entendue en cour. C’est une décision imbécile, qui ne tient pas debout deux secondes.

Si c’était un niqab qui cache le visage (sauf les yeux), on pourrait comprendre. Dans nos sociétés, on témoigne à visage découvert.

Mais c’était un simple voile, qui couvre les cheveux.

Vous me direz que la charte des valeurs de Bernard Drainville (tout comme la laïcité à la française) interdit les signes religieux ostentatoires.

Oui — mais pour les représentants de l’État, pas pour les citoyens!

On ne commencera pas à demander aux gens d’enlever leur signe religieux s’ils veulent se faire soigner ou recevoir leur permis de conduire! La laïcité ne revendique pas l’interdiction de toute manifestation religieuse sur la place publique! Elle préconise la neutralité de L’ÉTAT.

Idem pour les gens qui «ne veulent pas de mosquées» dans leur ville. Toutes les communautés ont le droit d’ouvrir un lieu de culte — pourvu que ce lieu respecte les règlements de la ville.

Pourquoi les catholiques auraient le droit de construire un lieu où prier leur Dieu, mais pas les musulmans?

La liberté de religion n’est pas asymétrique...

Un pays n'est pas un hôtel

Vous me direz que j’ai appuyé le gouvernement Harper lorsqu’il a annoncé qu’il allait contester la décision d’un tribunal autorisant une citoyenne musulmane à porter un voile intégral lors de la cérémonie d’assermentation.

Ce n’est pas tout à fait la même chose...

On ne parle pas ici d’une demande ordinaire (obtenir un permis de conduire ou une carte soleil), mais d’une cérémonie destinée à transformer une immigrante en citoyenne canadienne.

C’est un rituel de la plus haute importance. Après tout, l’obtention de la citoyenneté, faut-il le rappeler, n’est pas un droit, mais un privilège.

Or, quel est le premier geste qu’a posé cette dame en tant que citoyenne canadienne? Elle a manifesté son plus profond mépris pour l’une de nos valeurs les plus fondamentales, soit l’égalité homme-femme.

Là, j’ai un problème!

Pourquoi accorder la citoyenneté à quelqu’un qui se moque d’une de nos valeurs les plus importantes? Pensez-vous vraiment que cette femme a des chances de devenir pleinement canadienne?

Un pays n’est pas un hôtel où on pose ses bagages et on vit comme on veut.

C’est un ensemble de valeurs.

Une femme non voilée pourrait-elle devenir citoyenne saoudienne ou iranienne, selon vous?

Un suicide

Finalement, il y a le cas Adil Charkaoui.

Le bonhomme veut poursuivre les cégeps qui ont décidé de suspendre leur contrat de location avec sa supposée «école».

Or, la fameuse «école» de monsieur Charkaoui est affiliée à un centre communautaire qui vante les vertus de la guerre sainte et invite les internautes à lire des discours de Ben Laden!

Allo???

Quoi que vous en pensiez, Monsieur Charkaoui, notre Charte des droits n’est pas un pacte de suicide...