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Couillard taxé d’impair diplomatique

Philippe Couillard
Photo d'archives

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Philippe Couillard « entrevoit avec beaucoup de plaisir », son voyage à Paris, même si les Français, dans au moins deux quotidiens, reprochent au premier ministre du Québec de voyager à leurs frais.

Après la controverse des « fouilles respectueuses », qui a fait le tour du monde dans les derniers jours, le gouvernement Couillard s’est mérité une mention dans Le Figaro, vendredi matin, en lien avec la délégation ministérielle record qui s’apprête à décoller du Québec vers la France.

Citant l’article à ce sujet paru dans les pages du Journal, cette semaine, le célèbre quotidien français rapporte qu’après « avoir humilié le gouvernement français en triplant les droits [de scolarité] des étudiants français au Québec, contre toute attente, Philippe Couillard en rajoute en invitant pour son séjour, du jamais vu, six de ses ministres et de nombreux assistants ».

L’histoire a également été reprise par le 20 minutes, dans un texte intitulé « Québec : le Premier ministre content de voyager en France aux frais de la princesse ».

« Quand on part en visite officielle dans un pays ami, généralement, on essaie d’être diplomate avant, pendant et après, relate le quotidien gratuit, qui est publié dans plusieurs pays européens. Pour la prochaine visite en France du gouvernement québécois, c'est peut-être déjà raté. »

Attaqué par l’opposition, cette semaine, M. Couillard avait souligné, à la défense de son imposante délégation ministérielle, que dans le cadre des Rencontres alternées, c’est le pays hôte qui assume les dépenses de logement et de transport terrestre des invités.

Les Français « bien au-delà de cela »

M. Couillard ne craint pas que cette mauvaise presse dans les médias français nuise au succès de son premier voyage officiel à Paris.

« Je ne crois pas, je pense que les Français, comme nous, vont bien au-delà de cela », a dit le premier ministre, en marge de l’assermentation de son nouveau ministre de l’Éducation, rendue nécessaire par la démission, dans la controverse, du Dr Yves Bolduc à ce poste.

Niant toute responsabilité dans ce que les partis d’opposition, à Québec, considèrent comme un impair diplomatique, M. Couillard a assuré que chaque ministre qui participera à ce voyage y sera « pour une raison spécifique ».

La honte

« C’est honteux, a déclaré pour sa part la députée porte-parole de l’opposition péquiste en matière de relations internationales, Carole Poirier. (...) Le premier ministre devrait présenter ses excuses pour les propos déplacés qu'il a tenus et qui ont choqué les Français. »

« Notre premier ministre nous fait passer pour une gang de quêteux qui voyagent sur le bras, (...) c’est un impair diplomatique très évident », a déploré à son tour le député caquiste Éric Caire, qui invite lui aussi le premier ministre Couillard à s’excuser auprès des Français.

David en Belgique, Daoust en Israël

La ministre de la Culture, Hélène David, s’est déjà envolée pour la Belgique, pour une mission de quelques jours. Elle rejoindra ensuite le premier ministre Couillard à Paris, du 2 au 6 mars, à l’occasion de la 18e Rencontre alternée des premiers ministres du Québec et de la France.

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, est arrivé aujourd’hui en Israël pour des rencontres à caractère économique et se joindra lui aussi à ses collègues, la semaine prochaine, à Paris.

On sait aussi que la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’apprête à quitter Québec à destination de la Belgique, l’Angleterre et la France, pour discuter d’enjeux de sécurité, mais avec une délégation séparée.

Les dépenses des voyages de la ministre David en Belgique et du ministre Daoust en Israël, comme celles occasionnées dans le cadre de la mission de la ministre Thériault, seront assumées à 100 % par les contribuables québécois. Idem pour les vols de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, de son collègue à l’Environnement, David Heurtel et du ministre responsable de la Stratégie maritime, Jean D’Amour, qui se joindront au premier ministre Couillard pour la Rencontre alternée.

Selon le raisonnement exposé par M. Couillard cette semaine, c’est donc dire que la République française paiera pour les dépenses de transport terrestre et d’hébergement du premier ministre du Québec, en plus de celles des ministres St-Pierre, David, D’Amour, Heurtel et Daoust, dans le cadre de la Rencontre alternée.