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Le modèle hystérique

Le modèle hystérique
Photo d'archives

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Quand Nicolas Marceau, le ministre des Finances de Pauline Marois, avait présenté son budget il y a tout juste un an, les syndicats s’étaient exclamés une première fois: «Non à l’austérité!»

La CSN avait dit, par la bouche de son principal canon, Jacques Létourneau, que le gouvernement Marois donnait l’impression de vouloir «un affrontement» avec les employés du secteur public. L'habituelle menace de troubler la paix sociale était à peine voilée...

À la FTQ, Daniel Boyer, outré comme d’habitude, était presque sans mot. On lui en a soufflé un: «Austérité!» Fier de sa trouvaille, il le répète depuis à tous les micros. Idem pour Louise Chabot, la voix intermittente de la Centrale des syndicats du Québec.

À force de l’entendre, plusieurs commentateurs ont incorporé le mot austérité à leur vocabulaire, sinon à leur pensée. Les éditorialistes, les pupitreurs et les journalistes aussi. Malgré l’incomparable générosité de ses programmes sociaux, le Québec serait soumis au même régime infernal que la Grèce.

Peur du changement

C’est évidemment absurde; ici, les dépenses publiques n’ont pas cessé d’augmenter, même durant la grave crise financière de 2008. De 2003 à aujourd’hui, la croissance des dépenses au Québec a été en moyenne de 4,6% pour atteindre une importance relative inégalée au Canada. À l’encontre de l’hystérie du vocabulaire employé sur la place publique, le Québec reste, de très loin, la province qui dépense le plus en programmes sociaux. On surpasse l'Ontario, 50 % plus populeuse. Cet exploit nous oblige à pelleter des milliards sur la dette; les jeunes seront un jour fous de joie...

En matière de finances publiques, les excès et les amalgames empêchent la compréhension de la réalité financière; c’est pratique pour les manchettes et le maintien du statu quo... Les raccourcis et la mauvaise foi cachent aussi la peur du changement, un sentiment nourri par une minorité privilégiée de syndiqués. On est pourtant parvenu ailleurs à revoir les façons de faire sans corrompre la social-démocratie. Ça s’est fait en Suède, pays progressiste par excellence, où

300 000 fonctionnaires ont été recyclés dans le secteur privé. Il n’y a pas eu de violences ou de blessés.

Réduction des dépenses

Depuis l’élection d’avril 2014, les leaders syndicaux, toujours les mêmes, font au gouvernement de Philippe Couillard les reproches qu’ils adressaient à celui de Pauline Marois. Personne ne les accusera toutefois de manquer d’imagination.

Les sondages indiquent, un après l’autre, que les Québécois sont toujours très majoritairement favorables à un contrôle serré du budget, voire à une réduction très nette des dépenses.

La majorité silencieuse comprend que l’endettement systématique mène à l’impasse.

Malgré tout, les habituels protestataires, soutenus à l’Assemblée nationale par le PQ et Québec solidaire, invoquent sans gêne aucune la «démolition» de l’État québécois et la «destruction» du filet social. On espère naturellement que les naïfs finiront par croire que la fin du monde est proche. Et qu’ils prieront le gouvernement de cesser le carnage.

La CSN soutient notamment que «depuis 25 ans, les services publics et les programmes sociaux sont sous financés». En appui à ce précepte, le très objectif Institut de recherche et d’information socio-économique, l’IRIS, ajoutait récemment que «le gras a été coupé partout» et que «nos services sociaux sont anorexiques».

Les troubles sociaux à venir visent à nous en convaincre et à faire perdurer des droits acquis. Une des chercheurs de l’IRIS, Ève-Lyne Couturier, confiait au Devoir à l’automne: «Nous ne pouvons attendre tous les quatre ans pour faire valoir nos revendications». C’est d’une impartiale clarté...

 


Les gagnants et les perdants de la semaine parlementaire

Sam Hamad

En lui ajoutant les responsabilités du gigantesque ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Philippe Couillard démontre sa grande confiance envers le ministre du Travail, Sam Hamad. Et avec François Blais à l'Éducation, la capitale pèsera lourd au conseil des ministres.

 

Lise Thériault

Visiblement peu intéressée à régler les problèmes de vandalisme et d’intimidation qui affligent l’UQÀM, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a invité la navrante institution à s’adresser d’abord à la police de Montréal.

 

Pierre Arcand

En remplacement du démissionnaire Yves Bolduc, Pierre Arcand sera dorénavant responsable de la Côte-Nord. C’est une tâche quasiment obligatoire pour tout ministre des Ressources naturelles.

 

Sylvain Roy

Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy a royalement perdu la face en déplorant le rappel au Québec de trente représentants à l’étranger. Le ministre des Forêts, Laurent Lessard, lui a cloué le bec en précisant qu’il les avait convoqués par... visioconférence!