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Du camping pour ne rien manquer

Les Scandinaves vibrent pour «leur» ski de fond.

Dormir sous la tente témoigne de la passion des Scandinaves pour le ski de fond.
Photos Alain Bergeron Dormir sous la tente témoigne de la passion des Scandinaves pour le ski de fond.

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FALUN | On s’imagine mal au camping Sainte-Madeleine en ce premier jour de mars, mais dans une petite ville de Suède devenue l’épicentre mondial du ski de fond, dormir sous la tente est perçu comme une fichue de bonne idée.

Des centaines de fanatiques ont passé la nuit dernière dans un camping improvisé aux abords de Falun. La plupart s’y entassent depuis l’ouverture des championnats mondiaux, le 19 février.

Ce village éphémère est peuplé de Suédois, mais surtout de Norvégiens, beaucoup de Norvégiens, pour qui le ski de fond s’apparente au dimanche pour un curé.

«Vous venez nous voir le matin pendant que c’est tranquille. C’est hier soir qu’il fallait venir. C’était plus amusant!», nous disent Ingrid et Gerd, deux joyeuses Suédoises dans la soixantaine attablées à l’extérieur à siroter un café, chacune avec son mari.

105 $ la nuit

Aux côtés de leur campement, une Golf aux vitres embuées a servi d’abri à deux Norvégiens durant la nuit. Des feux brûlent encore ici et là avec, disposées autour, le même type de chaises de camping qu’on trouve au Québec. Quelques fils électriques courent au sol.

Plus loin, deux couples venus de Njutanger, à deux heures au nord de Falun, ont payé 700 couronnes (105 $) un espace pour chacun des quatre jours qu’ils ont réservé en novembre dernier. Pour assister à la course du jour, juchés dans la montagne selon la formule du premier arrivé premier servi, ils ont dû allonger chacun 400 couronnes (60 $).

«C’est pour ça qu’il faut retourner travailler lundi!», blague Anna.

1,5 M de téléspectateurs

Pour la dernière épreuve aujourd’hui, l’emblématique 50 km en style classique auquel participera Alex Harvey, plus de 1,5 million de téléspectateurs seront devant leur télé nationale. L’affluence créée par les 200 000 billets vendus durant les championnats atteste la popularité de ce sport en Suède, un pays de 9,7 millions d’habitants.

«Même si le hockey est légèrement plus populaire dans la pratique, les Suédois préfèrent regarder les événements de ski de fond. C’est reconnu. On le perçoit aussi par le nombre de «clics» sur les articles dans notre site internet», témoigne Krisoffer Bergstrom, l’un des quatre journalistes délégués par l’Aftonbladet, le plus important quotidien du pays.

«Lors de l’avènement de la télévision dans les années cinquante, il n’y avait qu’une caméra braquée dans la forêt à chaque grande course. Mais les téléspectateurs pouvaient attendre 45 minutes pour voir passer les skieurs à l’écran! Pour les Suédois, c’est un sport qui évoque la volonté de se dépasser dans la solitude», dit-il.

Invasion de la Norvège

Dans le pays voisin, la Norvège — moins peuplée avec ses 5,1 millions d’habitants —, la ferveur pour les deux planches atteint un autre niveau. On l’explique par la neige omniprésente sur toute sa superficie, ce qui n’est pas le cas dans la partie sud épargnée de la Suède.

Plus démonstratifs par leurs accoutrements, les Norvégiens ont envahi littéralement la Suède depuis 10 jours. Une nuée bleu, blanche et rouge teintait les estrades longeant l’arrivée, hier, où un billet debout coûtait 690 couronnes (103 $). La victoire sans équivoque de «leur» Therese Johaug au 30 km les a grisés davantage.

Un Québécois du nom d’Alex Harvey pourrait-il briser leur plaisir aujourd’hui?

 

Brèves

La Vasaloppet écope

Les spectateurs n’hésitent pas à se déguiser.
Les spectateurs n’hésitent pas à se déguiser.

FALUN | Les mondiaux de Falun avaient un tel poids qu’ils ont forcé les 15 000 participants de la Vasaloppet à patienter une autre semaine.

Habituellement présentée le premier dimanche de mars, cette épreuve, dont le début remonte à 1922, a été reportée au dimanche 8 en raison des championnats du monde. Un monument, pour ainsi dire, a dû être déplacé.

Cette course amène les concurrents à franchir les 90 kilomètres séparant les villes de Salen et de Mora dans le centre du pays, à 75 minutes de route au nord de Falun. Du premier au dernier, ils auront besoin de quatre à douze heures pour y arriver. Des milliers de spectateurs s’alignent le long du parcours pour les saluer et faire la fête.

Si passionnée fût-elle pour le ski de fond, la Suède n’aurait pu se séparer en deux aujourd’hui…