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La famille de Raif Badawi craint qu’il soit décapité

raef badawi
Carmen Houde Ensaf Haidar, épouse

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L’épouse de Raif Badawi se dit très inquiète alors que le blogueur pourrait être rejugé et décapité pour avoir renoncé à l’islam.

L’épouse de Raif Badawi se dit très inquiète alors que le blogueur pourrait être rejugé et décapité pour avoir renoncé à l’islam.

«C’est très difficile pour moi et pour les enfants, c’est pire. Je ne leur ai pas dit. Mon fils (Tirade, 10 ans) me pose toujours des questions, ‘‘qu’est-ce qui va arriver à papa, quand est-ce qu’il arrive?’’», a confié au Journal Ensaf Haidar.

Réfugiée à Sherbrooke avec ses trois enfants, elle aurait appris d’une source saoudienne que son mari pourrait retourner devant la cour pour apostasie, soit l’abandon de la religion musulmane.

Un tel crime est puni de mort par décapitation en Arabie saoudite. Le tribunal avait écarté cette accusation en 2012.

«Il va faire face au premier juge qui l’avait accusé d’apostasie», angoisse Mme Haidar.

Raif Badawi purge en ce moment une peine de 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour insulte à l’islam et atteinte à la réputation de l’État, pour avoir créé un forum de discussion sur Internet.

La famille espérait plutôt une amnistie de la part du nouveau roi Salman.

Revanche

«C’est un vrai retour à la case départ», se désole Elham Manea, porte-parole de la famille et militante des droits de l’Homme. Elle voit dans ce revirement de situation un bras de fer entre le corps religieux du pays et la famille royale.

«Cette cour pénale est contrôlée par les institutions religieuses. Ils sont outragés par ce qu’a fait Raif Badawi (...) Nous voyons cela comme une sorte de revanche qu’ils veulent prendre.»

Tout comme Mme Haidar, elle implore la communauté de poursuivre la mobilisation. «Si on s’arrête maintenant, c’est comme si on disait que c’était correct, qu’on accepte», conclut-elle.