/finance
Navigation

L’austérité coûte cher aux femmes

Les mesures prises par le gouvernement leur auraient coûté 13 milliards $

Les femmes occupent le trois quarts des emplois relevant de l’État, ce qui les rend vulnérables aux mesures d’austérité.
Photo d’archives Les femmes occupent le trois quarts des emplois relevant de l’État, ce qui les rend vulnérables aux mesures d’austérité.

Coup d'oeil sur cet article

Un fossé de plusieurs milliards de dollars se creuserait entre les hommes et les femmes depuis 2008, alors que l’État québécois a resserré ses dépenses et haussé ses revenus à hauteur de 23 milliards $.

Selon une note que l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a publiée hier, la relance économique et les mesures d’atteinte de l’équilibre budgétaire heurtent davantage les personnes de sexe féminin.

En examinant les documents budgétaires de septembre 2008 à décembre 2014, les chercheurs Ève-Lyne Couturier et Simon Tremblay-Pepin estiment que les mesures de relance suivant la crise de 2008 se sont chiffrées à 10,8 milliards $.

Là-dessus, 7,3 milliards $ ont été dirigés vers les hommes. Ceux-ci sont les premiers à perdre leurs emplois pendant une crise, mais ils sont les grands gagnants des travaux d’infrastructures et de la création d’emplois en forêt.

Les femmes n’auraient bénéficié que de 3,5 milliards $ en matière de relance.

Touchées par les compressions

D’autre part, le contrôle et la réduction des dépenses les frapperaient de plein fouet, car elles occupent les trois quarts des emplois relevant de l’État.

Les mesures prises pour comprimer les dépenses et hausser les revenus auraient coûté 13 milliards $ aux femmes, souvent sous la forme d’abolition de postes et de gel des salaires, sinon de réduction des services. Selon Statistique Canada, les mesures d’aide sociale vont aux femmes dans une proportion de 57%.

Les hommes, qui sont davantage visés par les hausses de taxes et de tarifs, auraient reçu une «facture» de 9,9 milliards $.

Pas seulement au Québec

Le Québec ne serait pas seul à vivre une telle réalité. La note de l’IRIS rappelle que des pays comme le Royaume-Uni ont diminué leur masse salariale. L’Espagne et l’Islande ont reporté l’adoption d’un congé de paternité, une mesure qui facilite la vie des femmes.

L’accès au congé de maternité est aussi plus limité en Grèce et au Portugal, notamment. L’Espagne a diminué les ressources consacrées à l’égalité des sexes.

Les pays qui limitent l’indexation des prestations de retraite diminueraient aussi la richesse des femmes, dont les rentes sont inférieures.


Sur les 10,8 milliards $ des mesures de relance suivant la crise de 2008 :

  • 7,3 milliards sont allés aux hommes
  • 3,5 milliards sont allés aux femmes
Coût de l’austérité : 
  • Hommes : 9,9 milliards $
  • Femmes : 13 milliards $

57 % des mesures d’aide sociale vont aux femmes

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.