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Des musulmans s’élèvent contre Charkaoui

Sa charge contre les médias et l’«islamophobie québécoise» ne fait pas l’unanimité au sein de sa communauté

MIDEAST-CRISIS/CANADA
Photo d'archives

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Des voix s’élèvent dans la communauté musulmane montréalaise pour demander à Adil Charkaoui de cesser de parler en leur nom. La charge de ce dernier contre les médias et ce qu’il qualifie «d’islamophobie québécoise» semble loin de faire l’unanimité.

Des voix s’élèvent dans la communauté musulmane montréalaise pour demander à Adil Charkaoui de cesser de parler en leur nom. La charge de ce dernier contre les médias et ce qu’il qualifie «d’islamophobie québécoise» semble loin de faire l’unanimité.

«Si la communauté vous tient tant à cœur, il est grand temps que vous appreniez à vous taire», écrivait Omar Kesraoui dans une Lettre ouverte à monsieur Charkaoui publiée dans le blogue opinion du Journal, lundi dernier.

La missive partagée plus de 30 000 fois sur Facebook a fait le tour du web et suscité de nombreuses réactions.

Son jeune auteur refuse de devenir une icône ou «la voix» de la communauté musulmane.

Il a décliné toutes les demandes d’entrevue, dont une à l’émission Tout le monde en parle.

Furieux que l’école qu’il dirige se soit fait refuser la location de classes dans deux cégeps montréalais, Adil Charkaoui s’en est pris la semaine dernière aux médias et à la société québécoise qu’il accuse d’islamophobie.

«J’espère que les langues vont se délier», confie Abdou Zirat. Ce membre impliqué de la communauté musulmane de Montréal affirme ne pas se reconnaître dans les propos de M. Charkaoui, qui refuse spécifiquement de condamner le groupe armé État islamique.

«Le discours guerrier, hostile, méchant et arrogant d’Adil Charkaoui n’attire aucune sympathie et attise le feu de l’islamophobie», pense-t-il.

M. Zirat ignore pourquoi les musulmans ne se dissocient pas davantage de la position de M. Charkaoui.

«Est-ce de la peur, de la prudence, un mot d’ordre? Je ne sais pas. Pour moi, c’est de la lâcheté que de se taire dans un moment pareil», ajoute-t-il.

Trop d’attention

Selon l’auteur d’origine syrienne Hassan Jamali, les médias accordent beaucoup trop d’attention à M. Charkaoui.

Hassan Jamali, se qualifie de «musulman moderne». Il estime que les médias donne trop d’attention à Adil Charkaoui.
Photo Courtoisie
Hassan Jamali, se qualifie de «musulman moderne». Il estime que les médias donne trop d’attention à Adil Charkaoui.

«Je ne m’abaisserai pas à lui écrire une lettre ouverte. Pourquoi lui donner une telle visibilité?» demande-t-il.

Une pétition circule en appui à Adil Charkaoui, «pour qu'il continue de représenter la communauté musulmane sur la place publique».

Au moment d’écrire ces lignes, ce mouvement a reçu l’appui de 374 personnes.

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