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Mme Bonheur prend congé...

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«C’est avec un immense plaisir que je vous annonce que je vais me payer la traite avec une année de salaire»... C’est à peu près ainsi qu’une fonctionnaire, étourdie par la joie, a annoncé à ses collègues qu’elle partait pour un très long congé... payé! Un courriel imprudent qui fait grincer des dents jusqu'au Trésor...

Une orgie de «congés de maladie accumulés», «beaucoup de vacances», etc... Tant de bonheur était impossible à garder pour soi. Ahuris, les délégués syndicaux demanderont certainement plus de retenue: la vérité n’est pas bonne à dire quand on prépare une crise sociale. Surtout quand on veut aussi faire croire que l’austérité «détruit» notre État chéri.

L’apprentie retraitée nous apprend donc qu’elle fera du ski. N’importe quel jour de la semaine. Les manifs, très peu pour elle. Plus tard, ce sera l’Europe, le marché de Noël de Strasbourg, en France, un des plus beaux au monde. «Qui sait, peut-être nous rencontrerons-nous quelque part sur la planète», écrit Madame Bonheur.

J’imagine la tronche de Christian Bégin devant cette absurdité. Peut-être lui dirait-il de «manger de la merde». Après tout ce qu’on dit des ravages de l’austérité, un tel train de vie fait passer les indignés pour des imbéciles.

On ne parle pas ici du patron d’une société d’État, d’un sous-fifre en titre ou d’un gratiné de Montréal. Mais d’une fonctionnaire à peu près comme les autres. Une «chef d’équipe», soit le niveau le plus bas de la hiérarchie. C’est quasiment le ras du sol, le linoléum.

Nausée

Madame Bonheur dit avoir «200 jours de congé de maladie accumulés» et «beaucoup de vacances». Soyons-lui reconnaissants pour sa pudeur de ne pas nous en dire davantage.

Ailleurs, chez les contribuables ordinaires, on n’accumule pas des congés de maladie sans fin, pour étirer le plaisir d’être payé au plein salaire. Dans le monde normal, quand t’es pas malade, t’es juste pas malade...

Alors quand vous entendrez dire que les services sont foutus, que les gens n’en peuvent plus et que l’État est en ruines, pensez à Madame Bonheur, à Strasbourg ou à vos maigres RÉER. Ayez en mémoire son gentil conseil à ses collègues: «Sachez apprécier tous les petits moments de bonheur qui vous entourent.» Vous saurez dans l’instant que ce n’est pas l’austérité qui donne la nausée...