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Bravissimo

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Dimanche soir, une soixantaine d’élèves montréalais ont vécu un moment d’une rare intensité.

Sélectionné dans le cadre d’un prestigieux festival de musique, l’Orchestre symphonique de l’école secondaire Joseph-François-Perrault jouait en concert sur la scène mythique du Carnegie Hall à New York. Bravissimo!

J’aurais donné cher pour y être. Primo, JFP — comme on l’appelle – est mon alma mater au secondaire. Secundo, sa sélection aux côtés de trois orchestres américains est un véritable exploit. Cet honneur témoigne avant tout du travail acharné des élèves, de leur discipline, talent et passion.

Chapeau à tous ces jeunes musiciennes et musiciens. Chapeau à leur directeur musical, Éric Levasseur, et à toute l’équipe de l’école. Et ce n’est pas tout. Le 3 avril prochain, l’Orchestre à vent JFP jouera à son tour au Carnegie Hall dans un autre festival musical.

L’école de demain

Pour prendre la pleine mesure de l’événement, il faut savoir que Joseph-François-Perrault est une école secondaire publique. Qu’elle est située au cœur de Saint-Michel, un quartier montréalais ouvrier. Que ses élèves, unis par la langue française, sont aussi de toutes les origines nationales, ou presque.

Cette école a franchement quelque chose de magique.

Son orchestre a même produit 18 albums et CD. Du moins, selon le site web de l’école. Pour avoir été moi-­même de la «genèse» de l’orchestre – lequel s’appelait à l’époque «Harmonie JFP» –, permettez-moi d’ajouter à la liste son véritable premier album. Un rare 33 tours que je conserve précieusement. Produit en 1977, l’année suivant mon passage inoubliable (sic) comme clarinettiste débutante...

En 2015, l’orchestre de JFP joue du Dvorak et du Brahms au Carnegie Hall. En 1976, dans notre petite salle de classe, notre premier «exploit» musical était plutôt d’apprendre à jouer une version «jazzée» d’Au clair de la lune! Un tout autre monde.

Rêver grand

JFP a parcouru un long chemin. Un chemin pavé d’audace, de discipline et de rêves. À JFP, on apprend aussi à rêver grand.

Par hasard, trois mois avant le concert du Carnegie Hall, Michelle Sarrasin décédait.

Professeure émérite formée à Montréal, Paris et Sienne, elle fut la toute première directrice musicale de JFP avec Gérald MacLeay. Quelque part sur un beau nuage new-yorkais, elle a sûrement battu fièrement la mesure dimanche soir dernier. Nous sommes nombreux à lui devoir beaucoup.

Joseph-François-Perrault est parti de loin. Créé dans les années 70, son programme Arts-études, concentration musique, est aujourd’hui des plus renommés au pays.

Malgré sa feuille de route impressionnante, l’école attend toujours une nouvelle salle de concert. Une salle à la hauteur du talent de ses élèves. Pour une école publique de Saint-Michel, l’argent, public et privé, est le nerf de la guerre.

Même en ère d’austérité, quelque chose d’essentiel est pourtant en jeu ici. Ce petit supplément d’âme qu’on appelle «culture» devrait valoir son pesant d’or.

D’un modeste auditorium aux planches mythiques du Carnegie Hall, JFP «mérite», dans le plein sens du mot, une nouvelle salle de concert. Le constat saute aux yeux... Et aux oreilles.

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