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Elle poursuit deux policiers qui n’ont pas empêché le meurtre de son ami

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Photo Courtoisie, Pascal Perreault En mai 2009, après une prise d’otages de six heures, Sandra Périgny avait été libérée et Steve Langlois arrêté pour le meurtre de Marc Fortier.

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ROUYN-NORANDA | Une dame réclame plus de 630 000 $ à deux policiers et à l’État. Elle allègue que les policiers auraient dû arrêter le meurtrier de son ami quatre heures avant qu’il lui assène 24 coups de couteau sous ses yeux.

ROUYN-NORANDA | Une dame réclame plus de 630 000 $ à deux policiers et à l’État. Elle allègue que les policiers auraient dû arrêter le meurtrier de son ami quatre heures avant qu’il lui assène 24 coups de couteau sous ses yeux.

Dans la nuit du 17 mai 2009, l’ex-conjoint de Sandra Périgny, Steve Langlois, s’est présenté à son domicile d’Amos en Abitibi muni d’un couteau. Un ami de la dame qui était présent, Marc Fortier, s’est alors interposé pour protéger Mme Périgny et son bébé de neuf mois. Il a été tué de 24 coups de couteau. Il a reçu une médaille du civisme à titre posthume.

Après le meurtre, Langlois a pris en otages son ex-conjointe et le bébé pendant six heures.

Il a été accusé de meurtre prémédité, de prise d’otages et de non-respect des conditions, mais il s’est suicidé en prison trois jours plus tard.

Sandra Périgny réclame maintenant 635 000 $ aux agents David Cloutier et Steve Rousseau de la Sûreté du Québec ainsi qu’à l’État québécois.

Quatre heures avant le meurtre, Mme Périgny a communiqué avec le 911 afin de signaler que Langlois est agressif, rôde autour de son domicile et est fortement intoxiqué. Langlois est jaloux et frappe la voiture de Marc Fortier, il cogne dans les fenêtres de la résidence et crie.

Langlois possédait un lourd passé judiciaire et était libéré sous conditions.

Il n’avait pas le droit de consommer d’alcool ni de drogue et devait garder une bonne conduite. Il était également fiché comme violent envers Mme Périgny.

Nettement insuffisant

À la suite de l’appel au 911, les policiers Rousseau et Cloutier se seraient rendus au domicile de la plaignante. Ils auraient reconnu rapidement M. Langlois puisqu’ils étaient intervenus l’après-midi même auprès du suspect.

Selon la poursuite, les policiers seraient intervenus de façon «nettement insuffisante en omettant de procéder à l’arrestation de Langlois».

Les policiers auraient donné un simple avertissement à Steve Langlois en lui demandant de ne plus entrer en contact avec Mme Périgny alors qu’ils auraient dû l’arrêter pour non-respect des conditions.

Les policiers seraient ensuite allés rencontrer Mme Périgny. Selon la poursuite, ils auraient minimisé la peur de cette dernière. Pourtant, pendant que les policiers sont chez elle, Langlois aurait tenté de l’appeler. Le policier Rousseau lui aurait alors dit d’ignorer les appels de Langlois.

Quatre heures plus tard, Langlois a tué Marc Fortier devant Mme Périgny et son bébé.

Pendant son interrogatoire après le meurtre, Steve Langlois n’en revient pas que les policiers l’aient laissé en liberté.

«J’avais des bris de condition, je n’avais pas le droit de consommer. Je ne veux pas mettre la faute sur le policier, mais il aurait dû m’embarquer quand il a vu que je sentais l’alcool», a indiqué Langlois.

Déontologie policière

À la suite des événements, les deux policiers ont comparu en déontologie policière. Ils ont reconnu leur faute et ont été suspendus chacun pendant 20 jours.

Depuis les événements, la victime souffre de stress post-traumatique chronique, elle fait des cauchemars, vit de l’angoisse en plus de se sentir coupable de la mort de Marc Fortier.

 

Brèves

Vers un règlement à l’amiable?

Selon l’avocate du gouvernement et des policiers, ces derniers ont peu à se reprocher dans leur intervention à l’endroit de Steve Langlois, le 16 mai, à Amos.

«Depuis le début, je demande une conférence de règlement à l’amiable. Pas parce que je pense que les policiers sont coupables, mais en raison de la grande charge émotive pour tout le monde impliqué. Parfois, on a avantage à régler ça rapidement», a indiqué l’avocate des policiers, Me Jocelyne Provost.

L’avocate affirme avoir la conviction que les policiers ont peu de chose à se reprocher, même s’ils ont plaidé coupables en déontologie policière. «Je ne peux pas révéler le contexte qui a mené à leur plaidoyer de culpabilité. C’est le genre de chose qui serait expliqué dans un contexte de procès», a-t-elle dit.

Une conférence en vue d’un règlement aura lieu le 16 mars à Québec.

Argent public

Me Provost indique qu’un règlement à l’amiable sera possible si les demandes de la poursuite respectent la jurisprudence.

«On gère des fonds publics. Il faut que le montant consenti respecte le dommage véritablement subi», a-t-elle dit.