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Hells Angels: «Mom» Boucher et un réseau de trafiquants dans la mire des policiers

L’ex-chef des Hells Angels incarcéré pour meurtres et un réseau de trafiquants dans la mire des policiers

Maurice Boucher
Photo Martin Alarie L’ex-chef des Hells Angels incarcéré pour meurtres et un réseau de trafiquants dans la mire des policiers.

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Maurice «Mom» Boucher ne semble pas avoir pris sa retraite du milieu criminel même s’il purge une peine d’incarcération à perpétuité et qu’il a été expulsé des Hells Angels.

Le Journal a appris que le nom de l’ancien chef du gang de motards a refait surface durant une enquête policière menée à l’encontre d’un réseau de trafic de stupéfiants, dans la grande région de Montréal.

Selon nos sources, l’homme de 61 ans tirerait encore des ficelles dans le monde interlope, à partir du pénitencier à sécurité maximum de Sainte-Anne-des-Plaines où il est gardé, l’Unité spéciale de détention (USD).

Avec un membre de sa famille

Les policiers soupçonnent l’ex-Nomads d’avoir obtenu l’aide d’un membre de sa famille pour mener ses affaires à l’extérieur des barreaux de sa cellule.

Aucune accusation n’a encore été portée relativement à cette enquête.

«Mom» a été condamné à la prison à vie, en 2002, pour avoir commandé les meurtres des gardiens de prison Diane Lavigne et Pierre Rondeau. Il ne pourra faire sa première demande de libération conditionnelle qu’en 2022.

Détention mouvementée

Depuis sa condamnation, il est incarcéré à l’USD, comme 70 codétenus nécessitant des mesures de sécurité accrues. Plus de 50 caméras permettent aux gardiens d’assurer «une surveillance complète» des lieux, selon le Service correctionnel du Canada.

Boucher a échappé à deux tentatives de meurtre, dont une au pic artisanal en 2010.

L’ex-numéro un des Hells – visé par un contrat de meurtre de 250 000 $ confié au tueur à gages Gérald Gallant, à l’été 2000 – avait été arrêté lors de l’opération Printemps 2001.

Il a d’abord été détenu à la prison pour femmes Tanguay, dans une aile où il était le seul prisonnier, avec télé privée, jeux vidéo, radio et téléphone. Boucher avait réclamé son transfert, parce que l’isolement le rendait dépressif.

Évincé au printemps

En avril, notre Bureau d’enquête révélait que Boucher avait été évincé des Hells Angels par les leaders du gang dans l’est du pays.

Selon les policiers, le nouveau chef présumé des Hells Angels au Québec, Salvatore Cazzetta, et Boucher n’ont jamais fait la paire.

Les deux ont été membres des SS de Pointe-aux-Trembles, mais en 1989, Cazzetta allait fonder les Rock Machine, à qui les Hells ont livré une guerre meurtrière pour le contrôle du marché de la drogue, entre 1994 et 2003. Cazzetta, qui a été incarcéré pendant la guerre des motards, s’est joint aux Hells en 2005, comme plusieurs ex-Rock Machine.

 

Hells ontariens et mafia montréalaise font équipe

Les Hells Angels ontariens de la section Nomads et la mafia montréalaise ont formé une alliance pour combler le vide causé par l’incarcération d’une centaine de Hells au Québec depuis six ans, constatent les policiers.

Selon nos sources, Gregory Wooley, chef du gang Syndicates, aurait joué un rôle clé dans ce partenariat d’affaires, ayant lui-même orchestré une alliance entre les gangs de rue Bleus et Rouges, à Montréal, depuis 2012.

Wooley, un ex-membre des Rockers, le défunt club-école des Hells, a déjà compté parmi les hommes de confiance de Maurice «Mom» Boucher avant de devenir un allié du clan Rizzuto. Lui et le nouveau chef présumé des Hells, Salvatore Cazzetta, ont été vus aux funérailles du parrain Vito Rizzuto, mort en décembre 2013.

30 perquisitions

Les policiers constatent présentement une «forte présence» au Québec des Hells Angels de la section Nomads de l’Ontario. Plusieurs de leurs membres sont originaires du Québec et certains y sont toujours établis.

C’est le cas de Carlos Fernandes, 41 ans, dont la résidence à Terrebonne a fait l’objet d’une perquisition reliée à une enquête antidrogue des corps policiers au sein de l’Escouade régionale mixte de lutte au crime organisé, hier. Fernandes, qui a déjà été condamné deux fois à des peines de neuf mois de prison pour possession illégale d’une arme à feu, n’a toutefois pas été arrêté.

Plus de 150 policiers ont effectué une trentaine d’autres perquisitions dans les régions de Montréal, Laval, Lanaudière et des Laurentides, relativement à cette affaire. Ni la SQ ni l’ERM n’ont voulu commenter cette opération hier.


Le 19 février, Salvatore Cazzetta a été arrêté, puis relâché par la SQ, en marge de cette même enquête.