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Fonction publique: les vrais privilégiés sont les citoyens!

Fonction publique: les vrais privilégiés sont les citoyens!
Photo Archives / Agence QMI

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Dans le cadre de l’émission de Denis Lévesque à LCN, j’ai eu le plaisir de débattre avec Jérôme Landry sur les conditions de travail des fonctionnaires. Il considérait ces derniers comme des privilégiés aux bénéfices exorbitants. Toutefois les vrais privilégiés, ce sont les citoyens qui profitent d’une main-d’œuvre à si bon marché.

Comptons-nous chanceux d’avoir des fonctionnaires provinciaux qui demeurent dévoués au bien-être du citoyen avec tous les préjugés négatifs colportés sur eux. La méconnaissance de leurs fonctions et de leurs conditions de travail alimente cette image du fonctionnaire « gras dur payé à ne rien faire » que certains chroniqueurs se plaisent à entretenir, or il en est tout autrement dans la réalité. Je ne le répèterai jamais assez, les fonctionnaires québécois réalisent des travaux essentiels pour la bonne marche de notre société, même s’ils accusent un retard de près de 8% dans la rémunération globale.

Au chapitre de la rémunération, certains commentateurs se plaisent à entretenir la confusion en reconnaissant qu’ils ont un salaire plus bas, mais qu’avec tous leurs bénéfices marginaux ils dépassent le secteur privé pour des emplois similaires. C’est faux! Les données fournies par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), un organisme gouvernemental, démontrent clairement cet écart négatif par rapport au privé dans la rémunération globale, y incluant les bénéfices marginaux tels la retraite ou les journées de maladie. À bout d’arguments, certains animateurs, plus retors, tentent de torpiller les chiffres de l’ISQ en prétendant que ce n’est pas toutes les entreprises privées qui y sont incluses. Pourtant à l’automne, ils ne s’étaient pas gênés d’y référer lorsque le gouvernement s’en prenait aux régimes de retraite dans le secteur municipal. Les chiffres de l’ISQ ne peuvent pas servir seulement lorsqu’il conforte la thèse de ces détracteurs de la fonction publique.

La rigueur intellectuelle devrait s’imposer, c’est cependant trop demandé à ces dénigreurs permanents de notre fonction publique. Rattrapés par la réalité des statistiques, ceux-ci tentent de culpabiliser le fonctionnaire avec le pauvre payeur d’impôt ou avec sa sécurité d’emploi. Il faut tout de même reconnaitre que travailler pour la fonction publique, ce n’est pas faire la charité aux citoyens, c’est occuper un emploi utile qui génère une rétribution correspondant à la valeur du travail. Le citoyen assume le prix du marché pour se procurer des biens et des services dans la sphère privée alors que dans le cadre actuel il paye le travail du fonctionnaire en deçà de sa valeur. Plutôt que de geindre sur leurs conditions de travail, nous devrions nous considérer chanceux d’une telle aubaine. Quant à la sécurité d’emploi, elle ne coûte strictement rien à l’État  qui profite en plus d’une main-d’œuvre moins dispendieuse que celle du privé.

D’autre part, le vocable fonctionnaire ne met pas vraiment en valeur les rôles essentiels que jouent ces travailleurs de l’État. J’ai souvenir d’une longue entrevue avec Jeff Fillion où celui-ci prétendait que nous avions trop de fonctionnaires mais qui est demeuré muet quand je lui ai demandé de m’indiquer dans quel ministère. Ce sont ces fonctionnaires qui veillent à notre sécurité alimentaire, à la qualité de l’eau potable, à la salubrité des cours d’eau, à l’accompagnement des plus démunis, à l’accueil des citoyens dans leur rapport avec l’État, à l’inspection dans les transports ou à l’application des programmes sociaux. La liste pourrait être prolongée et elle nous permettrait encore mieux de comprendre le caractère essentiel de ces travailleurs quand nous prenons le temps de décrire leur travail.

Ils ont du courage et ils sont bien vaillants nos fonctionnaires malgré le peu de reconnaissance qu’il leur est accordée dans l’opinion publique et le mépris prodigué par d’autres. Si c’est dans l’adversité que l’on reconnait la valeur des humains, force est de constater que la leur est très grande en ne se décourageant pas de servir une population qui ne lui rend pas toujours bien.

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