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L’éducation des mères prédit le niveau de scolarité des enfants, selon une étude

Au cours des dernières années, 14 % plus de filles que de garçons ont obtenu leur diplôme d'études secondaires.
Photo les archives Didier Debusschères

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LONDON, Ontario – En fin de compte, c’est l’éducation de la mère qui fait foi de tout pour l’avenir des enfants, selon une grande étude réalisée par le collège universitaire Brescia et l’Université Western à London, en Ontario.

L’étude, réalisée sur une période de 14 ans, remet en question l’idée voulant que les enfants provenant de familles biparentales vont mieux se débrouiller dans la vie que ceux élevés par des mères monoparentales.

Les sociologues ont plutôt découvert que la structure familiale n’avait guère d’importance.

Ce qui fait la différence dans le succès des enfants plus tard dans la vie, que ce soit en éducation, au travail et au chapitre du revenu, c’est l’éducation de leur mère, selon l’étude qui a suivi des centaines de mères.

«Ces résultats sont tellement importants, et j’ai très confiance en eux, en raison de la rigueur de notre méthodologie», a déclaré la professeure en sociologie Jamie Seabrook du collège universitaire Brescia.

«Nous avons trouvé que l’éducation des mères prédit largement le niveau de scolarité des enfants, quel que soit le type de famille dans lequel ils ont grandi», a ajouté Mme Seabrook.

L’étude comprenait tant les mères célibataires que celles qui étaient en couple.

On a fait aussi une autre découverte surprenante.

En examinant les taux de divorce et de séparation, les chercheurs ont trouvé que 12 % des enfants, qui avaient grandi avec leurs deux parents, avaient divorcé ou s’étaient séparés à l’âge adulte alors que seulement 3 % des enfants qui avaient grandi dans des familles monoparentales stables avaient divorcé ou s’étaient séparés par la suite.

La stabilité familiale fait donc également une différence puisque les enfants qui ont grandi au sein d’une famille monoparentale, mais où la femme a eu plusieurs partenaires, ne font pas aussi bien.

«L’instabilité est le véritable facteur de risque», selon le professeur William Avison de l’Université Western. Lorsqu’il y a beaucoup de transition dans le milieu familial, ce genre d’instabilité ne semble pas bon pour le développement de l’éducation de l’enfant et pour sa croissance comme adulte.»

L’étude ne s’est pas penchée sur les succès des enfants qui ont grandi dans les familles avec un père seul, parce qu’il n’y avait pas assez de données.

Bien que l’étude ait été entièrement basée sur des familles de London en Ontario, Mme Seabrook pense que les conclusions peuvent s’appliquer à d’autres villes de taille moyenne, mais pas dans de grandes villes comme Vancouver, Toronto et Montréal.

L’étude a été effectuée de 1993 à 2008, auprès de 349 mères monoparentales, et de 403 mères en couple. Les enfants et les mères ont été interviewés séparément en 2008.