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Oui à une Loi Zéro Émission

Voitures électriques Opus
Photo Jocelyn Malette / Agence QMI

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Les problèmes de dépendance au pétrole, de pollution atmosphérique et de changements climatiques ont des incidences de plus en plus graves sur la santé et la sécurité des gens ainsi que notre environnement.

C’est pourquoi une mesure a déjà été adoptée par diverses juridictions telles que la Californie et plusieurs autres états américains (Vermont, Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New York, Maryland et Oregon) afin de commencer à contrer ces problèmes.

Cette mesure s’appelle la Loi Zéro Émission. Je suis d’avis que le Québec devrait adopter une telle loi.

Celle-ci a pour mandat d'obliger les constructeurs automobiles à vendre un pourcentage croissant de véhicules dont les émissions polluantes et de gaz à effet de serre sont nulles ou quasi nulles à l’échappement. Les constructeurs  qui ne peuvent y arriver achètent alors des crédits chez ceux qui le peuvent. 

Cette loi Californienne fête cette année son 25e anniversaire. C'est ainsi qu'aujourd'hui en Californie les automobilistes ont accès à un coût abordable à des véhicules hybrides rechargeables et 100% électriques qui ne sont pas disponibles dans les juridictions où il n'y a pas une telle loi... telles que le Québec.

Vous remarquerez sans doute en lisant la liste des états ayant une loi Zéro Émission que plusieurs d’entre eux sont situés tout près de chez nous : Vermont, New York, Massachusetts et Connecticut.

Ainsi, nos voisins américains immédiats ont accès à plusieurs modèles de véhicules électriques qui nous sont inaccessibles tels que les : Volkswagen E-Golf, Chevrolet Spark EV, Mercedes B200 Electric Drive, etc.

Par ailleurs, même les modèles de véhicules électriques et hybrides rechargeables qui sont disponibles au Québec le sont très souvent en quantités insuffisantes : Chevrolet Volt, Kia Soul EV, Smart Fortwo ED, etc. Cette situation fait que depuis des mois des concessionnaires importent de tels modèles directement des États-Unis afin de répondre au moins partiellement à la demande Québécoise sans cesse croissante. Rappelons-le, environ 50% des véhicules électriques vendus au Canada le sont au Québec. Il y a donc clairement un intérêt chez nous pour ces véhicules, malgré une offre insuffisante.

Pourtant, ils savaient...

Lorsque notre gouvernement a lancé sa stratégie d’électrification des transports en novembre 2013, nous avons contacté les principaux constructeurs automobiles afin de nous assurer que ceux-ci répondent de manière suffisante à la demande.

En effet, que valent des incitatifs à l’achat de véhicules électriques si les consommateurs ne peuvent même pas en faire l’essai  et doivent parfois attendre plusieurs mois avant de pouvoir se les procurer?

En réponse à notre appel, les constructeurs s’étaient engagés à suffire à la demande. Malheureusement, plusieurs d’entre eux n'ont pas tenu parole.

« Lois du marché » VS lois et règlements

Certains diront que nous devons laisser les « lois du marché » faire leur œuvre plutôt que d’adopter une telle loi. Je ne peux pas être d’accord. En effet, ce ne sont pas les « lois du marché » qui ont fait en sorte que les voitures sont aujourd’hui dotées de ceintures de sécurité, de coussins gonflables ou de systèmes anti-pollution.

Ce sont des lois et règlements adoptés par différentes juridictions qui ont fait en sorte que de telles technologies ont été intégrées aux véhicules aussi bien pour la santé et la sécurité des occupants que des citoyens et de l’environnement en général.

D’ailleurs, lorsque nous subissons les manipulations des prix de l’essence à la pompe, n’avons-nous pas la plus belle démonstration que la croyance en ces fameuses « lois du marché » relève de la pensée magique ou d’une grande naïveté?

Cette loi contribuera à diminuer les émissions polluantes des véhicules légers circulant au Québec, ce qui aura un impact positif sur la santé des Québécois. De plus, au moment où le prix du pétrole a momentanément baissé, une loi Zéro Émission est d’autant plus pertinente qu’elle aidera à convaincre plus de Québécois à passer aux véhicules plus verts plutôt que plus énergivores.

Par ailleurs, s’il y a bien un endroit en Amérique du Nord où le développement d’une flotte de plus en plus significative de véhicules électriques fait du sens aussi bien des points de vue économique qu’écologique, c’est le Québec!

Je suis conscient qu’une Loi Zéro Émission ne pourra à elle seule faire tout le travail nécessaire pour une diminution importante de notre dépendance au pétrole, de nos émissions de gaz à effet de serre et de nos émissions polluantes.*

Cela dit, si nous devons aussi investir en transport collectif et miser sur un accroissement important du covoiturage et de l’auto partage, une Loi Zéro Émission inspirée de la loi Californienne est clairement un pas dans la bonne direction qui rendra plus accessibles et abordables les véhicules électriques pour tous les Québécois.

 

*(Certains plaident pour une augmentation importante du rabais à l’achat de véhicules électriques, soit jusqu’à 50% de plus, ce qui aurait un impact financier non négligeable sur les finances de l’état ou pour une taxe à l’achat allant jusqu’à 100% du prix d’un véhicule à essence comme en Norvège, ce qui aurait un impact financier majeur sur les finances des consommateurs. En ces temps où l’état et les consommateurs se serrent la ceinture, ça  semble beaucoup demander, d’où l’intérêt de la Loi Zéro Émission qui n’aura à peu près aucun impact sur l’état et qui avantagera les consommateurs.)

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