/news/education
Navigation

Après la dictée, place à la «twictée»

Dans la classe de Mme Catherine, les élèves corrigent leur «twictée» à partir de #twoutils, qui sont de petits messages écrits sur Twitter qui permettent d’expliquer des règles de grammaire.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Dans la classe de Mme Catherine, les élèves corrigent leur «twictée» à partir de #twoutils, qui sont de petits messages écrits sur Twitter qui permettent d’expliquer des règles de grammaire.

Coup d'oeil sur cet article

Des dictées en 140 caractères, pourquoi pas? Grâce à Twitter, des enseignants réinventent la traditionnelle dictée, version 2.0. Et les élèves en redemandent.

Dans la classe de Mme Catherine, l’enthousiasme pour les twictées est évident. «J’aime ça, on peut apprendre plus de mots parce qu’on se corrige après», lance Léana, une élève de deuxième année. «C’est plus amusant de faire une dictée avec d’autres personnes, on apprend plus», ajoute Étienne, un autre élève de cette classe de l’école Cœur-Vaillant-Campanile, située à Sainte-Foy.

Le concept des twictées est né en France, où plusieurs classes y participent. Au Québec, la dictée version 2.0 n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Le principe est simple: l’enseignant dicte une phrase de 140 caractères ou moins à ses élèves, qui l’écrivent individuellement, sur papier. Ensuite, en équipe, ils doivent décider quelle est la bonne façon de l’écrire et pourquoi. Les justifications seront appelées des #twoutils, qui seront envoyés à une autre classe par Twitter. Les élèves recevront à leur tour des #twoutils provenant d’autres élèves, ce qui leur permettra de corriger leur phrase à nouveau.

La classe de Mme Catherine est jumelée à une autre classe en France. Au total, une soixantaine de classes de la francophonie, situées même au Liban et au Togo, participent régulièrement aux twictées.

Apprendre en s’amusant

Catherine Lapointe est convaincue de la pertinence de la dictée 2.0. «Je cherchais comment rendre l’apprentissage des règles de grammaire, qui est souvent aride, plus ludique et interactif. En même temps, les élèves apprennent beaucoup parce qu’ils doivent expliquer pourquoi ils écrivent comme ça.»

 

Dans la classe de Mme Catherine, les élèves corrigent leur «twictée» à partir de #twoutils, qui sont de petits messages écrits sur Twitter qui permettent d’expliquer des règles de grammaire.
Photo Le Journal de Québec, Didier de Busschère

Twoutils

À l’avant de la classe de Mme Catherine, des cartons avec des mots-clics sont mis en évidence. Ce sont les fameux «twoutils», qui rappellent les règles de grammaire, version abrégée: l’accord en genre et en nombre est remplacé par #accordGN, même chose pour l’accord du sujet avec le verbe, #accordSV.

L’important est d’amener les élèves à apprendre les règles de grammaire en secorrigeanteux-mêmes ou à l’aide des autres élèves, ajoute Catherine. «C’est étonnant, on voit comment les élèves sont capables de réutiliser les #twoutils dans d’autres contextes et ils se rappellent les mots qu’ils ont déjà corrigés.»

Le fait d’interagir avec d’autres élèves compte beaucoup pour les élèves, ajoute l’enseignante. «Ça rend l’exercice très réel et motivant parce que les élèves savent qu’ils sont lus par d’autres. Il y a aussi la notion d’entraide, qui est très intéressante.»


La « twictée » en 5 étapes

Voici la phrase à écrire correctement: «Une nouvelle année commence. Après les Fêtes, les enfants progressent et réussissent à écrire sans fautes grâce à la dictée. Au travail!»

  1. Les élèves écrivent la phrase dictée par l’enseignante individuellement, sur papier.
  2. En équipe, dans la classe, les élèves doivent négocier afin de s’entendre sur comment écrire la phrase sans fautes.
  3. Toujours en équipe, les élèves expliquent pourquoi ils ont écrit la phrase de cette façon en créant des #twoutils.
  4. Les élèves échangent leurs #twoutils par Twitter avec des élèves d’une autre classe qui ont la même dictée.
  5. Les enfants réécrivent la même phrase, avec les #twoutils reçus, qui leur permettent d’écrire sans fautes.

*****

Vous désirez réagir à cet article dans nos pages Opinions? Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante: jdm-opinions@quebecormedia.com .