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Des imams réticents à l’idée de condamner l'État islamique

L’imam Syed Soharwardy.
Photo Archives / Agence QMI L’imam Syed Soharwardy.

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CALGARY – De nombreux leaders spirituels musulmans sont réticents à l’idée de condamner publiquement les groupe armé État islamique (EI), a souligné lundi à Calgary l’homme à la tête du Conseil suprême islamique du Canada.

L’imam Syed Soharwardy indique qu’il a rencontré de la résistance dans ses démarches pour recruter 30 collègues afin de signer un décret formel ou une fatwa pour condamner les actions de l’EI en Syrie et en Irak.

«Ils ont peur que l’EI posent des gestes contre eux, ils ne veulent pas signer, a mentionné M. Soharwardy. Ils m’ont dit que je parlais trop fort contre l’État islamique, mais je ne suis pas le genre à me taire.»

L’homme est à la recherche de 32 imams et spécialistes de l’islam pour diffuser mercredi une fatwa. Lundi matin, il disait avoir eu des confirmations de 22 personnes.

Originaire du Pakistan, l’imam espère encore trouver des collègues arabophones qui se joindraient à lui. Il ne croit pas que ses actions sont posées pour épater la galerie, comme le suggèrent certaines personnes.

«Je ne le fais pas pour les Canadiens, je le fais pour les musulmans», soutient-il, ajoutant que sa fatwa a pour but de décourager les membres de sa communauté à joindre ou à effectuer du recrutement pour l’État islamique. «Les islamophobes ne se joindront jamais à eux. Mon intention est de viser les bons garçons et les bonnes filles qui sont influencés.»

Le décret a aussi pour but de clarifier que selon ses signataires, les membres de l’EI ne sont plus des musulmans en raison des gestes atroces qu’ils posent.

«Ils se sont déconnectés, désassocié de ceux qui suivent le Prophète», croit Sohwardy, qui a fréquemment condamné le terrorisme des extrémistes.