/opinion/columnists
Navigation

Le Québec attaqué

Coup d'oeil sur cet article

Ce n’est pas la multinationale Resolu qui est attaquée par Greenpeace, c’est plutôt la politique forestière du Québec et par extension, les régions du Québec. Au fait, si l’on se fie aux informations disponibles, les emplois perdus au Saguenay–Lac-Saint-Jean à cause des pressions de Greenpeace risquent de glisser vers le Tennessee.

Comprenons que l’entreprise géante Resolu ne se résignera pas béatement à perdre des clients de la taille de Best Buy, Canadian Tire ou CVS. Ces acheteurs de volumes immenses de papier subissent des pressions de Greenpeace à cause des Autochtones du Québec et des caribous du Nord québécois. Resolu va faire le nécessaire pour les garder comme clients en leur promettant de ne plus les approvisionner avec du papier des usines québécoises.

À Calhoun au Tennessee, Resolu vient d’investir plus de 100 millions de dollars pour moderniser son usine de papier. C’est là que pourrait être déplacée la production perdue au Québec. Les employés licenciés au Saguenay–Lac-Saint-Jean ne seront pas beaucoup consolés de savoir que des résidents américains vont se trouver un bon emploi en profitant de leur malheur.

Un modèle

Alors, le Tennessee serait un modèle en matière d’environnement et de respect des communautés autochtones? Il faudrait bien que ce soit le cas puisqu’une organisation écologiste semble pousser nos emplois vers là. Il faudrait bien que le Tennessee puisse montrer patte blanche là où la production forestière du Saguenay–Lac-Saint-Jean est considérée comme honteuse.

D’abord, le Tennessee étant situé dans le sud des États-Unis, il n’y a pas de caribous. Un gros plus en partant. Il y avait bien des bisons il y a deux siècles, mais il n’en reste plus: ils les ont tous abattus, le bison est disparu de cet État.

Quant aux Autochtones, aucune réserve n’est répertoriée sur le territoire du Tennessee. C’est le résultat d’une loi adoptée en 1830 qui a forcé la déportation des Amérindiens vivant dans les territoires compris entre les 13 États fondateurs et le Mississippi (appelé le Indian Removal Act). Aujourd’hui, ils n’ont plus à conduire des négociations complexes avec des communautés autochtones: il n’y en a plus.

Un ministre ?

La sortie du maire Jean Tremblay est colorée, fidèle au style de l’homme. Mais il lance un cri du cœur qui reflète très bien un sentiment répandu dans sa région. Ce qu’il y a de curieux, c’est que le maire de Saguenay soit la seule voix politique à prendre la défense des travailleurs. N’y a-t-il pas au Québec un ministre des Forêts?

Si jamais ce dernier considère que la politique forestière du Québec est laxiste en raison du manque de leadership de ses prédécesseurs, qu’il entreprenne une réforme et vite.

Par contre, si notre ministre des Forêts croit en la politique forestière québécoise, qu’il se porte à sa défense, qu’il défende les entreprises et les travailleurs qui vivent du secteur forestier!

En attendant, c’est le maire Jean Tremblay qui se porte à la défense du régime forestier du Québec. À sa façon.