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Synonyme d’excellence

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Photo courtoisie

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C’est toujours avec une certaine fébrilité que l’on accueille la sortie d’un nouveau Steven Wilson. Celui-ci ne fait pas exception.

Talent précoce encouragé par ses parents, compositeur, instrumentiste et réalisateur, il a su lentement et patiemment gagner le respect de ses pairs de la scène musicale britannique, puis des fans de progrock du monde entier.

Steven Wilson est un nom synonyme d’excellence. Il est au rock ce que Louis Vuitton est au luxe. Il s’est fait connaître par Porcupine Tree et NoMan, deux projets musicaux portés aux nues, avec sa horde d’inconditionnels.

Ses atouts: un sens de la composition avec un souci du détail peu commun, des arrangements remarquables, des orchestrations aux sonorités chatoyantes, mais surtout des enregistrements et mixages d’une clarté et d’une ampleur aussi panoramique que symphonique (3 Years Older, Routine).

L’album est thématique, inspiré d’un fait divers en Grande-Bretagne, soit le décès non résolu d’une jeune femme moderne, indépendante, ambitieuse, admirée, entourée de présents de Noël non déballés, mais dont le cadavre est resté dans sa résidence pendant deux ans sans que personne de son entourage ne s’inquiète de son absence .

Wilson s’attaque à ce sujet complexe, mais contemporain d’aliénation sociétale, très connue en psychologie sociale documentée par l’étude Darley Latané (1968).

L’approche de Wilson est audacieuse et intéressante; de l’analyste froid qui y dissèque de la tendresse platonique, de l’excitation juvénile et curieuse, de la recherche de l’Autre, d’une indépendance féminine militante, mais esseulée et finalement de la rage, aussi retenue qu’explosive. Rien de sensationnaliste, mais d’une humanité insondable (Happy Returns, magnifique lettre à son frère). Très touchant.

Musicalement, on reste sans voix; pour la grande culture dont il fait preuve, pour le vocabulaire, la syntaxe, les styles du progressif. On peut y entendre du Pink Floyd, Yes, Genesis, King Crimson, Mahavishnu Orchestra, filtré d’un minimalisme qui en évacue les excès des uns et des autres. Son expérience de réalisateur-remixer auprès de Jethro Tull, King Crimson, Yes et bientôt Roxy Music en dit long sur sa crédibilité.

En tournée au Québec en juin 2015. Incontournable pour les amateurs de musique et haute-fidélité.

 

Steven Wilson ★★★★★

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Hand. Cannot. Erase., Kscope Music

 


Kid Rock ★★★½

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First Kiss, Top Dog Records

Onzième CD et la question de la pertinence devient plus pressante que jamais; dans le coin gauche Zac Brown le supplante, ayant soutenu ce dernier depuis Born Free. First Kiss délaisse définitivement le rap/rock et cette combinaison Beastie Boys/Diamond Dave pour rentrer de plain-pied dans une nouvelle ère Bob Seger/ Hank Williams Jr. Du country rock, de la plus belle mouture, qui repique discrètement aussi du Mellencamp (Good Looking To Me) et beaucoup plus largement Lowell George et Little Feat.

Le band est excellent. Les textes et l’interprétation sont honnêtes et font sourire; First Kiss et Drinking Beer With Dad sont particulièrement réussies et se distinguent des variations sur le même thème. Si on aime l’Amérique, nonobstant ses contradictions et ses tares.

 


Rivers ★★★½

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Rivers, Mouche Records

53 ans de carrière, tout un bail, pour ce Lucky Luke du rock français, à l’ombre de la variété-lumières et des Johnny de tout acabit. Audacieux en plus, capable d’adapter son amour pour le rock des années 50/60 et le rockabilly, à un son beaucoup plus contemporain, entre autres cette version du jeune duo irlandais Hudson Taylor, Battles, traduit par «Pas de vainqueur» et genre Mumford & Sons. Sans compter qu’il choisit bien ses auteurs et ses compositeurs; ne lui reste que l’interprétation... qu’il fait... à la Dick. Des chansons de Cabrel, Dylan traduit par Cabrel, Moustaki, Joseph D’Anvers et Daniel Lanois. Joli tour de force d’un rocker qui refuse de se retirer. Forever Young, comme chantait l’autre.

 


Omar Sosa ★★★★½

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Ilé, Otà Records

Il a son public. Originaire de Cuba, pianiste de jazz, mais passionné de musiques traditionnelles et aussi de nü-soul urbaine, il a bourlingué beaucoup, de La Havane à New York, de San Francisco à Barcelone. En ligne droite avec son œuvre récente, cet album est thématique, celui d’un retour aux sources. Littéralement. En retournant à Cuba, renouant avec ses camarades du conservatoire, en juxtaposant musiques africaines, cubaines, jazz, flamenco/funk (Mentiras Enemigas), rap (Old Afro A Baba) Et ça marche, avec une sensibilité et une subtilité peu communes. C’est riche musicalement, mais aussi émotivement. Plus qu’un exercice de style, une aventure passionnante. De toute beauté.

 


En magasin ou en ligne mardi

 

Mark Knopfler, Tracker

Modest Mouse, Strangers To Ourselves

Madness, Sleeping With Sirens

Navert, Temps Bi-Polaire

Sally Folk, Deuxième Acte

Carotté, Punklore et Trashdition

Seth Avett et Jessica Lea Mayfield, Sing Elliott Smith

Twin Shadow, Eclipse

Gill Landry, Gill Landry (of Old Crow Medicine Show)