/news/currentevents
Navigation

Accusé de contacts sexuels sur des skieuses mineures

Bertrand Charest
Photo d'archives Entraîneur de ski, Bertrand Charest fait face à 47 chefs d’accusation pour avoir eu des contacts sexuels avec huit athlètes d’âge mineur.

Coup d'oeil sur cet article

L'ex-entraîneur de l'équipe canadienne junior féminine de ski alpin est accusé d’avoir agressé sexuellement huit athlètes mineures durant les années 1990.

«Il était très proche des victimes et de leur entourage. Il gérait certains aspects de leur vie», souligne Éric Cadotte de la police de Mont-Tremblant.

Bertrand Charest a comparu hier au palais de justice de Saint-Jérôme pour faire face à 47 chefs d'agression sexuelle, contacts et incitation à des contacts sexuels sur des adolescentes de 12 à 18 ans alors qu'il était en position d'autorité.

Il a été entraîneur de l’équipe laurentienne de ski alpin et de l’équipe de Ski Québec au début des années 1990, avant de devenir entraîneur de l’équipe canadienne junior en 1995.

D'après le mandat d'arrestation, les faits seraient survenus entre 1991 et 1998 au Québec, en Ontario, en Alberta, et en Colombie-Britannique. Certains actes auraient aussi eu lieu à l’étranger, comme en France et aux États-Unis, d'après la police.

Selon nos informations, M. Charest aurait été congédié par Canada Alpin en 1998 en raison des crimes dont il est maintenant accusé.

Détention

L'homme de 50 ans a été arrêté vendredi dernier par les policiers de Mont-Tremblant, avant d’être relâché.

Comme de nouvelles victimes se sont manifestées pendant le week-end, il a été de nouveau arrêté par les constables spéciaux à son arrivée au palais de justice hier.

Il n'a aucun antécédent judiciaire, mais la procureure de la Couronne, Me Marie-Nathalie Tremblay, s'est opposée à sa remise en liberté.

La police a des raisons de croire qu’il pourrait avoir fait d'autres victimes.

Au moment de son arrestation, il était entraîneur de ski au mont Blanc, mais la direction de la station l’a suspendu dès qu’elle a été mise au courant des accusations.

Retour au ski

Bertrand Charest n’était plus entraîneur de ski alpin depuis 1998. Selon nos informations, c’est lorsqu’une victime a appris qu’il est redevenu entraîneur en septembre dernier qu’elle a décidé de sortir du silence.

 

♦ Pour toute information concernant Bertrand Charest, communiquez en toute confidentialité avec l'enquêteur Pierre Caron au 819-425-2723.

 


Congédié par Canada Alpin en 1998

Canada Alpin aurait été au courant des inconduites sexuelles supposées de Bertrand Charest puisqu’elle l’avait congédié en 1998 en lien avec les crimes qui lui sont maintenant reprochés, selon des informations obtenues par le Journal.

L’organisation, qui gère l’équipe junior de ski alpin, n’a pas voulu confirmer cette information. «La situation est prise au sérieux» par Canada Alpin, indique le porte-parole Christophe Sanders.

Rumeurs

Du côté de Ski Québec Alpin, des rumeurs s’étaient bel et bien rendues aux oreilles de certains dirigeants. «J’avais prévenu mon président [du conseil d’administration] des rumeurs, mais Bertrand Charest a quand même été embauché, sans mon approbation», raconte le directeur général Daniel Paul Lavallée.

«Il n’y avait aucune preuve, mais c’était suffisant pour être attentif», se souvient-il.

Bertrand Charest n’est resté que deux mois chez Ski Québec avant d’être recruté par Canada Alpin, indique M. Lavallée.

Ingénieur

Après 1998, Bertrand Charest a délaissé le monde du ski pour celui de la verrerie. Il avait déjà fait la manchette des médias pour son entreprise ThinkGlass, fondée en 1999 avec un artiste verrier. L’accusé serait diplômé en génie mécanique de l’école Polytechnique.

« J’étais choquée d’apprendre la nouvelle. Quand j’ai travaillé avec lui, il n’a jamais commis de geste déplacés envers moi ou mes collègues, d’après ce que je sais », dit une ancienne employée de ThinkGlass qui a préféré garder l’anonymat.

L’entreprise a notamment fabriqué la fontaine de chocolat en verre du casino le Bellagio à Las Vegas et réalisé les murales du Palais des congrès de Montréal.

— Avec la collaboration de Caroline Pailliez