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L’entrevue de trop?

DM UPAC -05
Photo d'archives M. Robidas était jusqu’à jeudi vice-président aux ventes d’EBR.

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Arrêté pour fraude mercredi par l’UPAC, Jean-François Robidas avait accordé une entrevue à l’auteur de ses lignes il y a deux semaines en défendant son intégrité. Nous la publions aujourd’hui, dans un tout autre contexte.

M. Robidas était jusqu’à jeudi vice-président aux ventes d’EBR. Il est touché par cette frappe majeure de l’UPAC concernant huit individus qui auraient participé à une fraude dans l’octroi d’un contrat informatique de 24 M$ à Revenu Québec.

L’été dernier, l’UPAC avait frappé pour la première fois en informatique. L’ex-codirigeant d’EBR Mohamed El Khayat est alors accusé de fraude. Plusieurs mois après cette frappe, nous voulions rencontrer l’autre dirigeant d’EBR, Denis Blais, pour le questionner sur la santé et l’intégrité de son entreprise. Chose que nous avons faite il y a deux semaines.

Mais le ciel est encore tombé sur la tête d’EBR, jeudi, avec ce nouveau coup de filet de l’UPAC.

Lors de l’entrevue, M. Blais nous a raconté qu’il a restructuré sa gouvernance et érigé un code d’éthique.

M. Blais nous a même invité à rencontrer son vice-président, Jean-François Robidas, puisque ce dernier était au cœur de cette nouvelle saine gouvernance. Nous n’avions pas publié notre entretien avec M. Robidas puisque nous voulions d’abord entendre M. Blais.

Au début de l’entrevue, M. Robidas nous a raconté comment il a à cœur la relance d’EBR.

C’est M. Robidas qui a d’ailleurs accueilli les enquêteurs lors de la perquisition de l’UPAC. «Ils [enquêteurs] m’ont dit que, là, ils étaient mes meilleurs amis et qu’ils avaient la main tendue, mais que demain, ils ne l’auront plus. Ils m’ont demandé de le dire si je savais quoi que ce soit», a-t-il expliqué.

«On n’avait aucune idée pourquoi ils étaient ici [...] On a toujours eu la prétention d’être une bonne entreprise, droite», a-t-il lancé.

Malaise

Mais l’entrevue a pris une tournure qui a créé un certain malaise.

M. Robidas s’est mis à remettre en question l’UPAC, qui a déclaré que la fraude à laquelle aurait participé El Khayat était d’une valeur de 400 000 $.

Interrompu par Denis Blais, qui ne voulait pas que l’entrevue concerne le procès d’El Khayat, M. Robidas a répondu: «Il [le journaliste] me pose la question, je peux répondre librement.»

Il a ensuite critiqué les médias en parlant de «fausses rumeurs» qui se répandaient, selon lui. Qu’étaient-ce que ces fausses rumeurs? lui a-t-on demandé: «Dans les journaux, les rumeurs, c’était toujours EBR, Mohamel El Khayat, EBR, la fraude», voulant dire qu’il déplorait l’association entre El Khayat et EBR.

Mais El Khayat ne travaillait pas dans un établissement de restauration rapide, a-t-on répliqué. «Vous ne comprenez pas ce que je veux dire par là», a-t-il répondu.

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