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La très discrète volte-face du PQ

La très discrète volte-face du PQ
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

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Le Parti québécois s’est toujours opposé à une enquête publique sur les dépenses informatiques gouvernementales. Discrètement, le Parti vient soudainement de changer d’idée et rejoint donc la CAQ et Québec Solidaire.
 
En fait, le Parti a confirmé qu’il était ouvert à la tenue d’une enquête publique le 13 février. Ça fait assez longtemps.
 
Pourtant, je n’en avais pas entendu parler. Je l’ai su hier en lisant le texte d’un collègue. Peu de gens en ont entendu parler ou en ont parlé. Pourtant, c’est assez gros. Le PQ est quand même l’Opposition officielle. C’est une nouvelle d’intérêt public. Pourquoi le PQ ne s’est-il pas plus assumé et n’a-t-il pas sauté sur la place publique pour l’annoncer ?
 
Pas juste les fous ?
 
Et bien, le PQ semble avoir volontairement tenté de ne pas trop parler de cette volte-face. Le PQ était-il gêné de changer d’idée ? Il n’y pas juste les fous qui ne font pas ça ?
 
En trois ans, j’ai dû demander à une dizaine de reprises à un député du PQ si le parti réclamait une enquête publique en informatique. Quand le Parti a changé d’idée, je m’attendais donc recevoir un communiqué par courriel. Non, rien. On m’appelle souvent pour bien moins que ça. Au nombre de fois que je leur ai demandé, ça aurait été sympa de me le dire.
 
De concert avec les Libéraux, le PQ a refusé à plusieurs reprises d’appuyer une motion pour le déclenchement d’une enquête publique en informatique.
 
Lorsque le PQ était au pouvoir, une enquête publique était toujours exclue. Lorsqu’il était président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard n’y croyait pas. Récemment, le député Sylvain Roy allait dans le même sens que son chef.
 
Pourquoi la volte-face et pourquoi le 13 février ?
 
Stratégie politique ?
 
Parce que la même journée, 16 groupes demandaient aussi la tenue d’une enquête publique. La plupart de ces groupes sont des syndicats ou sont des partenaires idéologiques des syndicats. Il ne faut pas présumer que le PQ a décidé d’appuyer ces groupes pour se ranger du côté d’une partie de son électorat. Mais ... la question se pose : le PQ a-t-il pris cette décision par conviction ou par stratégie politique ?
 
En plus, quatre jours plus tard, le 17 février, le PQ n’appuyait pas une autre motion de la CAQ pour réclamer une enquête publique. C’était comme une volte-face à la volte-face.
 
Le bordel informatique ne doit pas servir d’armes politiques. Il doit être réglé au plus vite. Les contribuables commencent à s’en ficher que ce soit de la faute d’un parti ou d’un autre. Ils veulent que l’argent arrête d’être gaspillé en informatique. 
 
En passant, ce billet ne vise pas à féliciter ou déplorer que le PQ soit ouvert à une enquête publique sur l’informatique. Personne ne s’entend sur la pertinence ou non d’une enquête publique à court terme. D’un côté, l’UPAC semble bien parti pour faire un ménage et Martin Coiteux a amorcé un virage dans les pratiques gouvernementales. D’un autre côté, une grande réflexion s’impose sur les dépenses du Québec dans le domaine et de nombreuses voix jugent qu’une commission d’enquête est le véhicule idéal pour le faire.
 
Même si sa volte-face a été discrète, c’est une très bonne nouvelle si le PQ s’intéresse de plus en plus aux dossiers informatiques. Depuis qu’il a perdu le pouvoir, et avec la course à la chefferie, le PQ ne semblait pas avoir souvent le temps de commenter les dossiers informatiques. La situation change en mieux. Après tout, Les Québécois veulent savoir ce que pense l’Opposition officielle des dérapes informatiques qui grugent le portefeuille collectif.
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