/sports/opinion/columnists
Navigation

Le défi de Parenteau

Pierre-Alexandre Parenteau
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Pierre-Alexandre Parenteau vit avec le Canadien ce que d’autres attaquants francophones comme Daniel Brière, Benoit Pouliot et Alex Tanguay ont vécu avant lui.

Coup d'oeil sur cet article

Pierre-Alexandre Parenteau espérait relancer sa carrière avec le Canadien. Mais les choses sont loin de se passer comme il l’espérait jusqu’ici.

Comme d’autres attaquants francophones qui sont passés à Montréal avant lui, tels Daniel Brière, Benoit Pouliot et Alex Tanguay pour ne nommer que ceux-là, il ne produit pas à la hauteur des espérances.

De plus, il a subi une commotion cérébrale qui l’a tenu à l’écart du jeu durant pratiquement deux mois.

De quoi broyer du noir.

La particularité de Montréal

Parenteau n’a pas marqué à ses 18 derniers matchs. Mais comme tout athlète qui traverse une période difficile, il s’accroche.

À l’approche de son 32e anniversaire de naissance, il se dit encore assez jeune pour être capable de s’en sortir.

«J’ai vécu pire durant les nombreuses années (sept) où j’ai joué dans les ligues mineures, dit-il.

«C’était carrément plus difficile. Ce que je vis en ce moment n’a rien de comparable à ça.»

Peut-être pas, mais quand un joueur québécois aboutit avec le Canadien, il se sent généralement investi d’un mandat particulier. Il ne veut décevoir personne.

Sa parenté, ses amis et les amateurs le suivent à la trace. Ils veulent non seulement le voir réussir, ils s’y attendent.

«Ce n’est pas évident quand tu n’es pas capable de jouer à la maison et d’aider ton équipe, avoue-t-il en faisant référence à sa longue absence.

«Le monde te demande quand tu reviendras au jeu et quand tu reviens, tu ne joues pas, ajoute-t-il en parlant des cinq matchs où il a été laissé de côté après avoir été déclaré apte à jouer par les médecins.

«C’est là que l’aspect mental entre en jeu. J’essaie de rester positif.»

Dans sa bulle

Sa situation fait jaser sur les tribunes sportives et dans les bars sportifs. Parenteau dit ne pas lire les journaux ni écouter les émissions sportives, mais il y a peut-être des gens qui lui rapportent ce qu’ils lisent ou entendent à son sujet.

C’est souvent comme ça.

Puis, comme toutes les fois qu’un joueur québécois en arrache avec le Tricolore, des gens se demandent si l’entraîneur n’a pas une dent contre lui. Des courriels en ce sens ont été déposés dans mon compte de messagerie ces derniers jours.

Le problème n’est pas là.

Quand un joueur performe, il joue, quand bien même son entraîneur aime plus ou moins son style de jeu ou sa personnalité.

Les Predators de Nashville ont accordé ce qui se veut une dernière chance à Mike Ribeiro et celui-ci les rembourse au centuple. Le rendement fait foi de tout, point à la ligne.

Lorsqu’un joueur éprouve du mal à produire, du sable s’infiltre dans l’engrenage. C’est vieux comme le monde et comme le sport. Ça arrivait aussi dans le temps que les joueurs gagnaient des pinottes.

Encore du temps

Quant à Parenteau, il empoche quatre millions par année. Il reste un an à son contrat, mais s’il ne parvient pas à retrouver sa touche d’ici à la fin de la saison, l’état-major du Canadien devra décider ce qu’il fera de lui la saison prochaine.

En somme, il a encore du temps pour se rattraper. Il suffirait qu’il se mette en marche et qu’il connaisse de bonnes séries éliminatoires pour hausser sa cote auprès de ses patrons.

Rene Bourque l’a bien fait l’an dernier, mais l’effet n’était plus là au début de la présente saison. Les Ducks ont pris une chance avec lui, mais l’électrochoc n’a rien produit.

La semaine dernière, il a critiqué Michel Therrien lorsque les Ducks l’ont refilé aux Blue Jackets, mais pas un mot sur Bruce Boudreau, qui l’utilisait encore moins que Therrien à ses derniers matchs à Anaheim.

Ainsi va le hockey.