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Le niqab orange

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À sept mois des élections fédérales, les morceaux commencent à tomber en place.

Même si Stephen Harper désire mener une campagne sur l’économie au Québec, l’enjeu de l’identité semble s’imposer de lui-même.

Le psychodrame des voiles, subi par le Québec avec le projet de Charte de Bernard Drainville, bouscule l’agenda.

Le port du niqab, lui, embarrasse et bouscule le Tout-Ottawa.

Crise des accommodements « canadian » ?

Harper le refuserait lors des cérémonies de citoyenneté, mais l’accepterait dans la fonction publique. Une position boiteuse et embrouillée qu’il aura avantage à raffiner.

Au Québec, ceux qui ont le plus à perdre sont les héritiers de la vague orange.

En appuyant le port du niqab, Thomas Mulcair amène tout son caucus à rouler à l’envers du trafic au Québec!

Le NPD est un parti résolument proféministe qui proposera un programme national de garderies lors de la prochaine campagne électorale.

Par cette prise de position douteuse, Mulcair forcera ainsi toutes les femmes de son caucus à aller vendre les bienfaits du niqab dans les assemblées populaires à l’automne!

Cela risque de provoquer des scènes surréalistes, comme Ruth-Ellen Brosseau qui, dans Berthier-Maskinongé, devra défendre le voile quasi intégral dans la foule du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville!

En tant que porte-parole en agriculture, elle ira dans mes terres mauriciennes vanter le niqab chez les amis fermiers des poulaillers de Yamachiche et de Charette. Ayoye... j’espère que les caméras ne seront pas loin...

La gauche

Dans l’analyse globale, on doit se distancer de Mulcair par contre; c’est toute cette gauche bon enfant et naïve qui doit être prise dans son contexte, une option idéologique prisonnière de la camisole de la rectitude multiculturaliste.

L’une des prêtresses de ce clergé complaisant, Alexa Conradi de la Fédération des femmes du Québec, l’a d’ailleurs prouvé à nouveau la semaine dernière, en manifestant contre le pétrole albertain, privilégiant ainsi de facto le pétrole de la charia.

En 2010, cette même Conradi militait contre l’interdiction du port du niqab et de la burqa pour les travailleuses en garderie en milieu familial, car «des femmes victimes d’exclusion sociale pourraient se retrouver encore plus marginalisées, et sans revenu, si l’État leur impose de travailler à visage découvert.»

Le puissant somnifère multiculturaliste a engourdi notre jugement et par crainte d’être accusé d’intolérance, on verse dans l’accommodement à volonté.

Critiquer le niqab? C’est raciste. C’est leur culture, il faut les comprendre.

Djemila Benhabib écrivait avec pertinence il y a deux semaines: «Si l’on suit la même logique, on devrait également intégrer à notre système législatif la polygamie, la répudiation ainsi que la lapidation des femmes adultères puisque certains musulmans considèrent ces pratiques comme inhérentes à leur identité. Où tracer la ligne?»

La campagne électorale qui débutera au retour des vacances estivales s’annonce épicée.

Pour conserver l’héritage de Jack Layton au Québec, Thomas Mulcair aura avantage à cesser de se bercer au chant des sirènes accommodantes et à prendre un véritable bain de réalité.

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