/opinion/columnists
Navigation

Opération Impact

Coup d'oeil sur cet article

Le Canada participe à la coalition ayant pour but de démanteler l’État islamique. C’est l’Opération Impact: essentiellement des frappes aériennes visant les ressources de l’ennemi. En théorie, un risque presque nul, étant donnée la supériorité technologique de notre aviation. Le 8 mars dernier, le sergent Andrew Joseph Doiron a été abattu et ses compagnons blessés par des tirs amis; sur le terrain, sur la ligne de front.

L’élite

Le sergent Doiron et ses collègues faisaient partie des militaires canadiens d’élite, les mieux entraînés et les plus efficaces, les Forces spéciales. Les Canadiens, surtout la classe politique, ont crié au mensonge et à la tromperie. Le gouvernement et les forces armées ne nous ont jamais dit qu’il devait y avoir des opérations terrestres. Cette attitude découle en grande partie d’un aveuglement, volontaire ou non.

A-t-on pu imaginer un instant que la guerre peut se faire uniquement par des frappes chirurgicales, parfaitement visées, n’atteignant que les moyens militaires de l’ennemi? Certes, les pilotes sont d’excellents professionnels et ils ont entre les mains un armement sophistiqué, efficace et précis.

Pourtant, l’erreur est toujours possible et l’efficacité des frappes doit être évaluée en vue des opérations à venir. De plus, qui identifie les cibles, les évalue et transmet les informations à la chaîne de commandement des opérations aériennes? Eh bien, les soldats sur le terrain.

C’est principalement pour ces raisons que, tout à fait officiellement, le Canada a envoyé «environ 69 membres des Forces armées canadiennes (qui) travaillent avec les Américains dans un rôle de consultation et d’assistance lié à la prestation de conseils stratégiques et tactiques aux forces de sécurité irakiennes». Traduit du langage militaire, cela veut dire que, premièrement, ils doivent aider les forces irakiennes à établir un plan de match en coordination avec la coalition et, deuxièmement, leur montrer comment l’appliquer sur le terrain.

Éviter les erreurs

Ici, le mot clef est coordination. Les puissances alliées ont bâti quelque chose qu’elles appellent «interopérabilité». Par exemple, l’OTAN tient régulièrement des exercices qui permettent aux différentes forces armées nationales de s’habituer l’une à l’autre, de se connaître et de se comprendre. Cela a justement pour but d’éviter les erreurs d’incompréhension, comme prendre un ami pour un ennemi.

Il est extrêmement difficile d’opérer en coordination avec une armée qui n’a pas la même culture, qui utilise une autre langue, sur un terrain hostile et en perpétuelle situation d’urgence. C’est pourquoi la formation des troupes avec lesquelles nous opérons est primordiale. Si les discussions sur la stratégie peuvent se tenir bien à l’abri dans une salle de classe, il en va autrement de l’application tactique qui ne peut être évaluée que dans l’action – les amateurs de hockey et de football me comprendront facilement. Le sergent Doiron a été abattu lorsqu’il regagnait son poste d’observation. Il n’aurait pas pu observer l’efficacité des troupes sur le terrain sans s’y trouver lui-même. Comme le soulignait Clausewitz, la guerre est une activité dangereuse.

 
Selon vous, la présence de soldats sur le terrain est-elle nécessaire pour combattre l’EI ?
*****

Vous désirez réagir à cette chronique dans nos pages Opinions? Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante: jdm-opinions@quebecormedia.com .