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Pascal devra user de stratégie

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Photo Le Journal de Montréal

Au début de cette dernière semaine d’entraînement, celle où les boxeurs cherchent à picosser dans la tête de leurs adversaires, j’y allais d’une prédiction à double saveur. Sergey Kovalev gagnera par K.-O. avant le début du neuvième round ou perdra une décision serrée en 12 rounds contre Jean Pascal.

Le déroulement de la semaine renforcit ma prédiction avec quelques nuances. Je ne la change pas.

Personne dans le camp de Pascal ne l’imagine favori. Tous le croient en mesure de triompher s’il remet son destin à son intelligence et sa stratégie. J’ai la conviction qu’il travaille en osmose avec son entraîneur, Marc Ramsay. Quelles surprises réserve-t-il au favori et combien d’entre elles appliquera-t-il contre le «Krusher»?

La pesée officielle n’a pas été spectaculaire comme des amateurs le souhaitaient. Elle a néanmoins révélé des choses à l’aspirant, qu’il avait possiblement remarquées en analysant des combats du triple champion des mi-lourds.

Pascal l’a fait sortir de ses gonds par son comportement. Il l’a piqué entre les oreilles. Il m’a semblé perdre son flegme quand Pascal ne s’est pas impliqué dans le traditionnel face-à-face. Il a fait un doigt d’honneur au clan ennemi, tout comme il a agité le signe du bla-bla-bla inutile.

 

Photo Le Journal de Montréal

Trouver la faille

Si Pascal déniche une faille créant un effet identique pendant le combat, il pourrait taper sur les nerfs de Kovalev. Le forcer à ouvrir quelque peu sa défensive. «Kovy» a été coupé dans ses deux derniers combats. Pascal démontre de la précision dans ses coups. Cibler une arcade sourcilière, le nez, les côtes peut rapporter des dividendes.

Pascal ne possède pas la puissance pour mettre son visiteur k.-o. Son dernier véritable combat remonte à avril 2009. Depuis, il en a réussi deux techniques. La question de la solidité des jambes de Pascal pour 12 assauts contre un opposant de haut niveau demeure d’actualité.

Quant à la besogne abattue dans leurs 10 dernières sorties, elle penche en faveur du local. Il a livré 103 des 114 rounds qu’on lui demandait. Kovalev a fait son travail en 45 rounds sur 112.

La fiche de Pascal est faussée par 12 rounds contre Lucian Bute, ce qui est vraiment trop dans les circonstances dans lesquelles ce combat a été livré. Il aurait dû en finir plus rapidement. Les deux ont aussi perdu du temps contre Bernard Hopkins, avec son style accrocheur et ennuyant, encore plus avec son âge vénérable. Oui, Pascal a été champion du monde; on y note deux affrontements contre Adrian Diaconu. Il l’a battu avec une seule épaule en une occasion. On ne peut affirmer que le passage de Diaconu a marqué la catégorie demi-lourds.

Rester lui-même

C’est donc une soirée de travail très stratégique qui attend Pascal. L’allure que prendra le combat pourrait lui offrir la chance de causer une surprise. Pour gagner, Kovalev n’a qu’à demeurer lui-même. Il lui appartient de conserver son calme et d’exploiter au maximum sa puissance.

Finalement, je ne sais comme ça sonne en espagnol, mais l’arbitre se nomme Luis Pabon.