/lifestyle/techno
Navigation

Journalistes et blogueurs échaudés

Journalistes et blogueurs échaudés
Photos d’archives

Coup d'oeil sur cet article

Comment les journalistes, les chroniqueurs et les blogueurs reçoivent-ils les commentaires en ligne des lecteurs? C’est une question que bien peu d’entreprises médias ont regardé sérieusement jusqu’à présent. Mais elle émerge de plus en plus comme un enjeu de gestion, à plusieurs égards.

Pour commencer, leur traitement a des répercussions sur les liens avec les lecteurs. Il en était question dans la chronique de la semaine dernière: les commentaires représentent, pour les médias, un lien privilégié avec le public.

À cause de cela, justement, les lecteurs sont très sensibles à la façon dont leurs commentaires sont traités et prompts à dénoncer «la censure» quand ils ne sont pas publiés.

Le New York Times, qui a récemment eu affaire à ce genre de critiques, a entrepris de se pencher plus sérieusement sur la question... et l’a fait savoir publiquement.

Étrangement, il y a une catégorie de gens dont on n’a pas beaucoup le point de vue sur la question: ceux qui reçoivent ces commentaires. Les journalistes, chroniqueurs et blogueurs dans les médias. Les lisent-ils? Les commentaires les affectent-ils? Sont-ils utiles?

Un bref tour d’horizon révèle à quel point la question se révèle importante pour eux aussi. «Clairement, je trouve qu’on ne fait pas assez pour créer des liens avec les milliers de personnes qui passent par nos textes. C’est un immense potentiel de création d’une communauté d’intérêts qui nous file entre les doigts», écrivait entre autres Mario Asselin, blogueur au Journal de Montréal, en commentaire à un billet de blogue que j’ai récemment publié sur la question (https://www.journaldemontreal.com/2015/03/11/blogueurs-et-journalistes-les-commentaires-en-ligne-vous-affectent-ils).

Pas toujours constructif

La nature des commentaires a, hélas, de quoi décourager bien des journalistes.

«Quand j’ai démarré mon blogue, je lisais les commentaires. Mais j’ai vite déchanté», se souvient Maude Goyer, journaliste et chroniqueuse, auteure du blogue Maman 24/7, jusqu’à récemment sur Yahoo! Québec.

«J’aurais aimé avoir une relation avec les lecteurs, débattre, échanger... Mais, penses-tu! J’ai reçu des critiques négatives, pas constructives du tout, des juge­ments, parfois des attaques personnelles...»

Le genre de sujet couvert par tel ou tel blogue joue bien sûr pour beaucoup. «Je blogue sur la parentalité, la maternité, les enfants, l’éducation, des sujets qui appellent aux émotions, et donc qui suscitent la controverse», note Maude Goyer.

Diane Bérard, chroniqueuse au journal Les Affaires, vit d’ailleurs une expérience différente sur lesaffaires.com. «Par rapport à d’autres, je fais un blogue de nerd! dit-elle. Dans les publics spécialisés, le désir de partager est plus grand, je pense. J’ai régulièrement des commentaires qui me permettent d’élargir mes horizons, me pointent vers des informations, de nouvelles façons de penser... Alors que, sur les sujets plus généraux, les points de vue deviennent rapidement polarisés.»

Par contre, les sujets qui polarisent l’opinion sont davantage cliqués, davantage relayés sur les médias sociaux, et donc payants à court terme vu que la mesure d’efficacité (et de rentabilité), c’est pour l’instant le nombre de pages vues sur les articles... C’est un des dilemmes avec lequel les médias vont devoir se débattre.

 


La transaction de la semaine

La chaîne britannique ITV a annoncé l’acquisition, pour 1,2 milliard $ US, de Talpa Media, une boîte de production fondée par le Néerlandais Jon de Mol en 2008, et derrière, notamment, le succès international The Voice. De Mol avait auparavant créé Endemol (qu’il a vendue en 2000) et lancé divers formats télévisuels repris à l’échelle planétaire.

 


Le balayage de la semaine

En 2015, qui dit succès de diffusion payante, dit piratage endémique. Pour tenter d’endiguer cela, HBO a annoncé qu’il diffuserait la cinquième saison de Games of Throne dans 170 pays simultanément, le 12 avril prochain.

 


Le réseau de la semaine

Sept quotidiens européens ont lancé un réseau commun, le LENA (Leader European Newspaper Alliance), afin «de mettre en commun leurs compétences journalistiques et de promouvoir le journalisme de qualité en Europe». Il s’agit du Figaro (France), du Soir (Belgi­que), de Die Welt (Alle­magne), d’El Pais (Espa­gne), de La Repubblica (Italie), de La Tribune de Genève et de Tages-Anzei­ger (Suisse).

*****

Vous désirez réagir à cette chronique dans nos pages Opinions? Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante: jdm-opinions@quebecormedia.com .

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.