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Une micropuce dans le cerveau pour réanimer la mémoire

Des chercheurs américains croient pouvoir aider les personnes atteintes d’Alzheimer

Une micropuce dans le cerveau pour réanimer la mémoire
Photo Fotolia

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Des scientifiques américains croient pouvoir restituer leur mémoire aux personnes atteintes de la maladie d’Alzhei­mer et aux amnésiques à l’aide d’une micropuce implantée dans leur cerveau.

«Si vous avez été blessé en service et que vous ne vous souvenez plus de votre famille, nous voulons restaurer ces fonctions», a dit le Dr Justin Sanchez lors d’une conférence à Dallas.

L’homme est chef de projet scientifique à l’agence de recherche militaire américaine DARPA. C’est elle qui finance ce projet fou dans l’espoir de donner une mémoire bionique aux soldats amnésiques.

S’il réussit, le projet pourrait aussi bénéficier aux victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, estime l’équipe américaine.

«Ce qu’ils ont réussi à accomplir est étonnant. Grâce à leurs recherches, nous avons une meilleure compréhension de la mémoire et de la façon dont on peut la stimuler», se réjouit le Dr Wayne Sossin, de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal.

 

Dr Wayne Sossin, neurologue spécialiste de la mémoire.
Photo d'archives
Dr Wayne Sossin, neurologue spécialiste de la mémoire.

Souvenirs perdus et implantés

Ce chercheur, qui explore la base moléculaire de la mémoire dans son laboratoire de l’Université McGill, est cependant sceptique.

Il explique que ses confrères sont loin d’avoir réussi à restituer des souvenirs perdus, contrairement à ce que laisse entendre le Dr Sanchez. Pour y parvenir, il faudrait avoir une sauvegarde des souvenirs, ce qui reste de la science-fiction.

Les scientifiques ont plutôt réussi à stimuler le siège de la mémoire, l’hippocampe, à l’aide d’une micropuce pour retrouver et restituer des souvenirs qu’ils avaient eux-mêmes implantés dans la tête de leurs cobayes.

«Ils avaient le contrôle sur le souvenir, ce qui ne sera pas le cas dans la vraie vie, prévient le Dr Sossin. Ils ne pourront pas savoir ce dont la personne essaie de se souvenir.»

Barrière éthique

Quant aux tests sur les humains, que l’équipe de la DARPA souhaite mener d’ici deux ans en vue d’une commercialisation dans un horizon de 10 ans, ils font déjà froncer les sourcils aux bio­éthiciens.

«Quand vous jouez avec le cerveau, vous jouez avec la personnalité», met en garde le Dr Arthur Caplan, directeur de la division de bioéthique à l’Université de New York, en entrevue au Daily Mail.

Implanter une micropuce dans le cerveau, «c’est une opération invasive, renchérit le Dr Sossin. Qui sait ce qu’un humain peut ressentir?»


Un cerveau bionique

  • 80 000 humains vivent déjà avec un implant électronique dans la tête.
  • Ces puces sont constitués d’électrodes qui permettent de lire et de contrôler les signaux cérébraux.
  • Elles peuvent notamment être implantés en passant par la gorge ou le nez et sont contrôlables à distances.

À quoi servent les puces cérébrales

  • À bloquer les crises d'épilepsie
  • À atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson
  • À redonner la vue aux aveugles
  • À permettre aux personnes paralysées de contrôler des membres robotisés ou des appareils électriques et des ordinateurs par la pensée